‹ Œuvres de RacineChapitre 73 sur 197 · HERMIONE, C LEONE · texte numérisé non relu

HERMIONE, C LEONE

A Ttendois-tu , Cleone , un courroux fi mo*

[\ dette?

Cleone.

La douleur qui fè tait n'en eft que plus funefte.

fe le plains. D'autant plus qu'auteur de fbn ennui *

Le coup qui l'a perdu n'eir parti que de lui.

Comptez, depuis quel tenïps vôtre hymen fè prépare!

■1 a parlé , Madame , 8c Pyrrhus fè déclare. H E r m i o N E.

U crois que Pyrrhus craint ? Et que craint-il en* cor?

Des Peuples, qui dix ans ont fui devant Hector ?

^ui cent fois effrayez de l'abiènce d'Achille ,

Dans leurs vaiflèaux brûlans ont cherché leur azile ,

Et qu'on verroit encor , fans l'appui de fbn Fils>

Redemander Hélène aux Troyens impunis?

NTon, Cleone, iln'eft point Ennemi de lui-même,

~î$l A N D R O M A QU E.

Il veut tout ce qu'il fait, 6c s'il m'époufè, îl m'aime. • • Mais qu'Orefteàfon gré m'impute fes douleurs, N'avons-nous d'entretien que celui de ïès pleurs i Pyrrhus revient à nous. Hé bien, chère Cleone, Conçois-tu les tranfports de l'heureufè Hermio-

ne?

Sais-tu quel eft Pyrrhus ? T'es-tu fait raconter Le nombre des exploits . . . Mais qui les peu!

compter ?

Intrépide , 8c par tout fuivi de la vïércûre , Charmant , ridelle , enfin rien ne manque à û

gloire Songe . . .

Cleone.

Diflîmulez. Vôtre Rivale en pleurs , Vient à vos pieds fans doute apporter fès douleurs.

Dieux ! Ne puis-je à ma joye abandonner mor » ame?

portons. Que lui dirois-je?

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