I.4 Herv
iqS A N D R O M A j^U E.
Ne vous fùffit-il pas que je l'ai condamné? Ne vous fuffit-il pas que ma gloire ofifenfee Demande une Viclrime , à moi ièule adrefièe ; Qu'Hermione eft le prix d'un Tyran opprimé , Que je le hais , enfin, autant que je l'aimé? Je ne m'en cache point. L'ingrat m'avoit fïï plaire Soit qu'ainfi l'ordonnât mon amour, ou mon père N'importe. Mais enfin reglez-vous là-defïùs. Malgré mes vœux, Seigneur , honteufèment déçu: Malgré la jufte horreur , que fon crime me donne Tant qu'il vivra, craignez que je ne lui pardonn< Doutez jufqu'à ià mort d'un courroux incertain , S'il ne meurt aujourd'hui, je puis l'aimer demaii
Hé bien, il faut le perdre, 8c prévenir fà grâce.1
Il faut Mais cependant , que faut-il que je fàflè
Comment puis-je fi-tôt fervir vôtre courroux? Quel chemin julqu'à lui peut conduire mes coup! A peine fois-je encore arrivé dans l'Epire;, Vous voulez par mes mains renverfèr un Empir Vous voulez qu'un Roi meure, 8c pour fon chat
ment, Vous ne donnez qu'un jour , qu'une heure , qu'i;
moment.
Aux yeux de tout fon Peuple , il faut que je l'oj
prime.
Laiflèz-moi vers l'Autel conduire ma victime.. Je ne m'en defens plus. Et je ne veux qu'aller Reconnoître la place où je dois l'immoler. Cette nuit je vous fers , cette nuit je l'attaque.
Mais cependant, ce jour il époufè Andromaque, Dans le Temple déjà le Trône eft élevé. Ma honte eft confirmée , 8c fon crime achevé. Enfin qu'attendez-vous ? Il vous offre fà tête.
Sai
TRAGEDIE; ip?
îans Gardes , fans , défenfè il marche à cette Fête. Vutour du Fils d'He&or il les fait tous ranger. 1. s'abandonne au bras qui me voudra vanger. ^oulez-vous , malgré lui., prendre foin. de fa vie? Lrmez. avec vos Grecs , tous ceux qui m'ont fuivie, oulevez vos Amis. Tous les miens font à vous, me trahit, vous trompe, 6c nous mépriié tous, lais quoi ? Déjà leur haine eft égale à la mienne, lié épargne à regret l'Epoux d'une Troyerme. arlez. Mon Ennemi ne vous peut échapper. >u plutôt il ne faut que les laiûer frapper, 'onduifèz, ou fuivez une fureur iï belle, evenez tout- couvert du fàng de l'Infidelle. liez , en cet état fbyez fur de mon cceur.
îais, Madame, fbngez
Ah! c'en eft trop , Seigneur, ant de raifônnemens offenfènt ma colère, ai voulu vous donner les .moyens de me plaire, endre Orefte content. Mais enfin je voi bien u'il-veut toujours fè plaindre, Se ne mériter rien, irtez , allez ailleurs vanter vôtre confiance, t me laiflèz ici le foin de ma vengeance, e mes lâches bontez mon courage eft confus, t c'eft trop en un jour efîuyer de refus. *: m'en vais feule au Temple, où leur hymen
s'apprête , ù vous n'ofèz aller mériter ma conquête, à, de mon Ennemi je fàurai m 'approcher. : percerai le cœur que je n'ai pu toucher. t mes fànglantes mains fur moi-même. tournées, ufli-tôt malgré lui joindront nos deftinées ; t tout ingrat qu'il eft , il me fera plus doux e mourir avec lui, que de vivre avec vous.
ï S Or f s-
aoo jiND R 0 M A J^U E.
Non, je vous priverai de ce plaiiir funeire, Madame, il ne mourra que de la main d'Orefte. Vos Ennemis par moi vous vont être immolez. Et vous reconnoîtrez mes foins , fi vous voulez.
Hermione.
Ailez. De vôtre fort laiûez-moi la conduite. Et que tous vos Vaifîeaux foient prêts pour nôt fuite.