‹ Œuvres de RacineChapitre 92 sur 197 · I S C EN E V · texte numérisé non relu

I S C EN E V

RESTE , PYLADE , Soldats d'ORESTEj

wL faut partir , Seigneur. Sortons de ce Palais, - Ou bien refolvons-nous de n'en fbrtir jamais. I)s Grecs pour un moment en défendent kt Porte.

Tout

H4 ANBROMA^Ul.

Tout le Peuple aiïèmblé nous pourfuit^ ma

forte.

Aux ordres d'Andromaque ici tout eft fournis, Ils la traitent en Reine , 8c nous comme Ennem Andrcmaque elle-même à Pyrrhus fi rebelle, Lui rend tous les devoirs d'une Veuve fidelle, Commande qu'on le venge, 8c peut-être fur né Veut venger Trqye encore , 8c fon premier Epoi Allons. N'attendons pas que l'on nous environn Nos Grecs nous rejoindront. Et tandis qu'H<

mione Tient encore le Peuple autour d'elle arrêté , Voila nôtre chemin , ibrtons en fureté.

Non , non, c'eft Hermione, Ami , que je ve

fuivre, A fbn dernier arrêt je ne puis plus fùrvivre: Partez , j'ai fait le crime , &. je vais l'expier.

Hermione , Seigneur ? il la faut oublier. Quoi ! toujours l'inftrument, 8c l'objet défera; Cherchez-vous chez ks Morts quelque nouve;

outrage ?

Et parce qu'elle meurt, faut-il que vous mourie

Elle meurt "? Dieux ! Qu'entens-je ?

He quoi, vous l'ignoric En rentrant dans ces lieux nous l'avons rencc

trée, Qui courroit vers le temple, inquiète, égarée. Elle a trouvé Pyrrhus , porté fur des Soldats, Que ion fàng excitoit à venger ion trépas. Sans doute à cet objet ià rage s'eft émue» Mais du haut de la porte enfin nous l'avons vi Un poignard à la main , fur Pyrrhus fè court*

T R A G £ D I £. 2iy

ètttt les yeux au Ciel , fe frapper Se tomber.

3 race aux Dieux ! Mon malheur pafîè mon efpe-

rance :

)ui , je te loue , ô Ciel ! de ta perfeverance. Appliqué fins relâche au foin de me punir , Ui comble des douleurs tu m'as fait parvenir. ,7a haine a pris plaiiir à former ma miièrej l 'étois né , pour lervir d'exemple à ta colère , i'our être du malheur un modèle accompli : lié bien , je meurs content , Se mon fort cù. rempli. : )ù font ces deux Amans ? Pour couronner ma

j°>re> j)ans leur fàng, dans le mien , il faut que je me

noyé: ;.

L'un & l'autre en mourant je les veux regarder.

Léunifïbns trois cœurs , qui n'ont pu s'accorder.

Hais quelle épaiflê nuit tout à'coup m'environne?

|)e quel côté -fortir ? D'où vient que je friûonne?

I Quelle horreur me fàiilt ? Grâce au Ciel , j 'entre voi.

|)ieux ! Quels ruifTeaux de £mg coulent autour de moi !

I Ji ! Seigneur !

Quoi , Pyrrhus , je te rencontre encote? Krouverai-je par tout un Rival que j'abhore? l 'ercé de tant de coups comment t'es-tu iàuvé ? .''iens , tiens , voila le coup que je t'ai refervé. 4ais que vois-je ? A mes yeux Hermione l'em-

braflè ?

'Ile vient l'arracher au coup qui le menaflè ? )ieux , quels affreux regards elle jette far moi ! ^uels Démons , quels fèrpens traîne-t-elle après foi?

K Hé

xi6> A N T> R O M A GTU E.

Hé bien , Filles d'bnfer , vos mains ibnt-elles pr(

tes ?

Pour qui font ces Serpens qui furent fur vos tête A qui deftinez vous l'appareil qui vous fuit ? Venez-vous m'enlever dans l'éternelle Nuit? Venez , à vos fureurs Orefte s'abandonne. Mais non , retirez vous , laiflèz faire Hermion L'Ingrate mieux que vous {aura me déchirer , Et je lui porte enfin mon cœur à dévorer

Il perd le lièntiment. Amis , le temps nous prefl Ménageons les momens que ce tranfport nw

laùTe.

Sauvons-le. Nos efforts deviendroient impuiflànj S'il reprenoit ici fà rage avec Ces iens.

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