BRITANNICUS, NARCISSE
Britann icus.
A croirai-je , Narcifîè ? Et dois-je fur fà foi L La prendre pour arbitre entre ion fils Se moi? m'en dis-tu? N'eil-ce pas cette même Agrippine, lue mon Père épouià jadis pour ma ruine , i: qui , il je t'en crois , a de fts derniers jours trop lents pour iès defîèins précipité le cours ?
Narcisse.
'importe. Elle iè iènt comme vous outragée.
vous donner Junie elle s'efr engagée.
Initiez, vos chagrins , liez vos intérêts. p Palais retentit en vain de vos regrets, landis qu'on vous verra d'une voix fuppliante, :mer ici la plainte , 8c non pas l'épouvante, ue vos reilèntimens iè perdront en difcours, ! n'en faut point douter , vous vous plaindrez toujours.
Britannicus.
h , Narciilè ! Tu fais il de la fèrvitude
prétens faire encore une longue habitude, u iàis il pour jamais de ma chute étonné •renonce à l'Empire, où j'étois deftiné. ais je fuis fèul encor. Les amis de mon Père >nt autant d'inconnus que glace ma miière.
ma jeuneiîè même écarte loin de moi ous ceux qui dans le cœur me refèrvent leur foi. )ur moi depuis un an , qu'un peu d'expérience /a donné de mon ibrt la trifte connoiilànce , ue vois-je autour de moi , que des Amis vendus ji font de tous mes pas les témoins affidus , jï choifis par Néron pour ce commerce infâme, L Tra-
Trafiquent avec lui des fècrets de mon ame ? Quoi qu'il en foit, Narcifîè, on me vend tous
jours.
Il pre'voit mes deilêins , il entend mes difcours. Comme toi dans mon cœur il fait ce qui le pal Que t'en lèmble , Narcifîè ?
Narcisse.
Ah ! quelle ame allez bafîè C'eft à vous de choilir des Confidens difcrets , Seigneur, ôc de ne pas prodiguer vos iècrets.
Britannicus.
Narcifîè , tu dis vrai. Mais cette de'fiance EU: toujours d'un grand cœur la dernière fcien On le trompe long-temps. Mais enfin , je te cr Ou plutôt je fai vœu de ne croire que toi. Mon Père , il m'en louvient , m'alîûra de ton Z( Seul de {es Affranchis tu m'es toujours fidèle. Tes yeux fur ma conduite incefîàmment ouver M'ont fàuvé jufqu'ici de mille écucils couverts Va donc voir fi le bruit de ce nouvel orage Aura de nos Amis excité le courage.
Examine leurs yeux. Obfèrve leurs diicours. Voi ii j'en puis attendre un fidèle lèeours. Sur tout dans ce Palais remarque avec adrefîè, Avec quel foin Néron tait garder la Princeiîè. Sache ii du péril fès beaux yeux font remis, Et ii fbn entretien m'eft encore permis. Cependant de Néron je vais trouver la Mère Chez Pallas comme toi l'Affranchi démon Per Je vais la voir , l'aigrir , la fuivre , 8c s'il le p ^l'engager fous fon nom plus loin qu'elle ne ve
Fin cÎh premier Acîet