A lu lugbre
Rondeaux.
'est mal parlé, homme non véritable, ^ Tropdeceptif (>t trop insupportable, De maintenir que m'avez satisfait.
Il n'est pas vray, jangleur, menteur En vos propos trop estes variable, [parfait;
En jurement et bourde inénarrable Payement de vous j'ay eu, mal proffitable ; Je vous le dy de cueur non contrefait, C'est mal parlé.
Vostre façon de faire misérable Demonstre assez de non estre capable D'estre estimé, congneu le vostre effait. De retenir mon labeur, c'est forfait, Veu qu'en ce cas estes desraisonnable.
C'est mal parlé.
'il advenoit que je tenasse Ceste là que mon cueur menasse Pour le faire à son appétit , Peu à peu, petit à petit Je pescheroys dedans sa nasse S'el, vouUoit que la ramonasse
•i56 Rondeaux.
A son plaisir, et démenasse, fl fauldroit qu'el se desvestit, S'il advenoit.
S'ainsi estoit que je penasse Et les jeux d'amours soustenasse, I Et de moy el se dehaitit, J'ayme mieulx que son con prestit Ailleurs, et plus n'y retournasse S'il advenoit.
!^^^j4^ \i désirant ouyr vostre deviz
Et assister près de vous viz à viz.
Et mesmcment vous estant en la ville, D'ung franc voulloir pur et nect, et non
De vous. louer il m'en est prias adviz. [ville,
Ainsi que sont vrais amoureux raviz,
Le premier jour que de mes yeulx vous viz.
Seurprins je fuz, aussi vray qu'Euvangille, En désirant.
Les gens qui ont espritz joyeux et vifz
Mauvais récit de vous feroient enviz ',
Congneu l'honneur que vostre cueur distile ;
Car du recueil, du quel sçavez le stille,
Maincts et mainctes sont de joye assouviz. En désirant.