Sans doute compassée, digne, réservée
PISTRES.
Et au mien cueur plus doulx et savoureux , Pensant qu'auray, d'un désir amiable, Au vray, de vous nouvelle recreable, Joyeuse autant que la veult amoureux.
Rapport loyal, doulx, bon, non rigoureux. Entier et franc, de vous désire ouyr.
Et avec vous de brief me resjouir.
Or, en lisant ceste présente letre Vous y verrez vostre nom et surnom ; Vous suppliant qu'il vous plaise permettre A vostre cueur avec le mien se mettre D'un franc vouloir et sans dire que non. De lascheté n'euz oncques le renon, Ne vous aussi, parquoy nous entr'aymer, N'en peult venir que bon goust non amer.
Du plus que vostre, et sans s'en repentir, Duquel povez le bon vouloir sentir.
ieux ' je ne puis mon esprit adresser. Au mien advis, ne qu'à vous le dresser. Remémorant la grâce qu'on vous donne, J'entens et sçay, voire sans m'oppresser
I. On trouve encore en acrostiche dans cette épître un autre nom de femme, ■>rarie Boiargeois.
Et sans en riens nullement me presser, Bonté, vertu, qu'en vostre cueur s'adonne. On sçait aussi que Dieu en vous ordonne Vraye amytié, parfaicte charité ; Raison vous suit, qui ne vous abandonne, Gardée en vous foy est et vérité.
En mon esprit n'y a assez science, Ou pour le moins petite sapience Je voy en luy, pour deuement vous louer; Supportez donc de moy l'insipience, Prenant en gré et bonne patience Le mien vouloir, sans me desavouer.
Et s'ainsi est qu'il vous plaise à louer Ce que je mectz en ceste mienne epistre. Dire pourray, sans aux sainctz me vouer, Que je n'auray de renon mauvais tiltre.
Si vous siipply, bénigne et doulce dame. Ne me donner mal talent n'aucun blasme Que je me suis hardiment ingéré De vous louer de cueur, de corps et d'ame ; Car soubz l'espoir de bon gré quelque dragme En aquerir, je m'y suis suggéré.
Certain je suis, mais qu'ayez digéré Le mien vouloir couché en cest escript , Mes ditz congnus, bien veuz, me purgerez N'estre d'amour ne de grâce prescript.
PISTRES.