‹ Œuvres de Roger de ColleryeChapitre 92 sur 134 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

urant ce temps de moissons et van-

[danges Pratique n'est en ma bourse es-

[ prouvée ; Qu'il soit ainsi la raison est prouvée, Par ce que point ne me vient bon vent d'anges.

Vin en vaisseaulx, en cave, ne vidanges A vendre n'ay ; Povreté m'a couvée Durant ce temps.

Blé en garnier ne gerbes n'ay en granges, Richesse en moy ne fut onc approuvée Nécessité, qui tant est reprouvée, Me suyt de près, ce sont choses estranges Durant ce temps.

ur tous humains je veulx bien qu'on

[le sache >. ,^-. ^ . , , Qu'en vostre cueur n'y a mauvaise M^^^X5 [tache,

Par quoy avez en tous lieux mérité Destre estimé, d'autant que charité D'avecques vous ne s'eslongne ne cache.

Le mien esprit à aultre fin ne tache

212 Rondeaux.

Que prier Dieu , d'un voulloir non pas lasche . De vous donner toute prospérité Sur tous humains.

De veoir voz dictz jamais je ne me fâche Plaisir y prens, et les savoure et mâche ; Fondez les voy tous en auctorité ; Veu les vertus dont estes hérité, A vous louer je le veulx prendre en tache Sur tous humains.

e froit m'assault aux dois, piedz,

[corps et mains.

Et me poursuit jusqucs au bout

[du nez ;

Du ranc je suis de ceulx là qui sont nez De pouvretez, desquelz il en est mainctz.

Gens mal vestuz,sans argent, soient Rom- Ayment bien peu, s'ilz ne sont ostinez, [mains, Le froit.

Aux vents de bize et galerne ' inhumaine Mes gaiges sont en yver assignez ; De faire donc gros banquetz et disnez Craindre je doy, non pas riches humains. Le froit.

j . On appelle ainsi le vent qui fait geler les vignes.

Rondeaux.

raye amitié consiste en dit et faict, En vostre cueur tant la voy im-

[ primée, Qu'elle est de vous si tresbien exti- Que la tenez estre ung trésor parfaict. [mée,

Bien pratiqué avez d'elle l'effait, En vostre cueur est moult bien exprimée Vraye amitié.

Vous m'avez veu mesgre, pale et déliait De malladye, envers moy animée, Mais charité la vostre bien aymée M'a secouru, vous aussi, et refait Vraye amitié.

ng prieuré qui n'est conventuel, Auquel y a assez bon revenu.

Se de par vous il m'estoit advenu , Vous acquerriez ung loz perpétuel.

S'il m'advenoit par ung don mutuel.

Et en joyr, il seroit bien venu Ung prieuré.

De prier Dieu me fault estre actuel

2i4 Rondeaux.

Et vous aussi, faisant le continu, A celle fin que mon corps soustenu Soit d'ung tel bien qui est spirituel, Ung priouré.

LYIII.

A xMONSIEUR LE LIEUTENANT CIVIL.

uant Du ^Moulin, vous supplie estre ouy. Toutes les foiz que vous tenez le sié.^'e, Pour nie donner audience, si ay-je.

Ainsi qu'il dit, ung non pour ung ouy. De deux nous puis plus troys moys j'ay jouy, Ma bouche en est aussi sèche que liège ' Quant Du Moulin.

Voyant cecy, autant suis resjouy Comme ung regnard qui se voit prins au piège, Ou ung maignan ' de Dynan ou de Liège Chauderonnier de dueil esvanouy

Quant Du Moulin. I

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