I. A l'écart
Rondeaux.
aulte d'Argent est douleur nompareille'; Faulte d'Argent est ung ennuy parfaict ; f,f^ Faulte d'Argent est, par dit et par faict, '<9 Qui bons rustres de tristesse traveille.
Et pour soûlas nous l'envoyé en effect
Faulte d'Argent.
Faulte d'Argent n'emplist point la bouteille; Faulte d'Argent rend l'homme tout deffait, Triste et pensif, non pas gras et reffaict, Mais mesgre et sec, tremblant comme la fueille,
Faulte d'Argent.
our le plus seur, philosophale vie Je veulx mener, et prendre les adresses, En contemnant les mondaines richesses, Si qu'avec Dieu soit mon ame ravye.
Dès à présent de bon cueur me convye
r. Ce vers se retrouve dans Rabelais, liv. II, cliap. XVI, dans Gringore, Jeu du Prince des Sotz. Ilparoit, du reste, qu'il étoit passé en proverbe ; on le voit fréquemment dans les chansons du xvie siècle.
?.. Le vers précédent se trouve ici répété.
Rondeaux.
De délaisser tous soûlas et lyesse.
Pour le plus seur.
Patiemment, affin que ne desvye, Me fault souffrir douloureuses tristesses. Et pour fouyr les anières deslresses Qu'ont les dampnés, de bien vivre ay envye
Pour le plus seur.
'il m'advenoit que pour rhetoriquer En ryme et prose, et le communiquer A gens qui sont de bien riche maison Et avoir d'eux argent peu ou foison.
Le plus du temps n'y vouldrois appliquer.
De composer et ne rien pratiquer, Et de mes yeulx veoir l'or, l'argent cliquer, Sans en avoir, il n'y auroit raison S'il m'advenoit.
De deviner, ne de pronostiquer, Nygromancer, ni aussi magiquer N'est pas mon faict, ains en toute saison Faire Rondeaulx, Ballade, ou oraison; Plaisir j'y prens, mais c'est, sans répliquer. S'il m'advenoit.
Rondeaux.
lus sain qu'en l'eau n'est le poisson, Frians morceaux, bonne boisson, Voilà le point que je souhaicte, Et jouyr d'une mignonnette,
Quant je luy liève son plisson.
Oyant du tabourin le son ,
L'accoUer en ungverd buisson.
Au temps d'Esté, qu'on se délecte Plus sain qu'en l'eau.
Et qu'elle et moy nous ouysson
Près de nous chanter le pinçon.
Le roussignol et l'alouette ;
Et d'escus la plaine bougette
Pour tousjours gaudir nous eusson, Plus sain qu'en l'eau.
uant vous vouldrés je suis tout prest, Dictes le mot, je vous supply; En le disant, d'amour remply Q^'è^ï*^ Me verrez la lance en l'arrest.
Il vous plaira me dire où c'est Que mon désir soit accomply.
Quant vous vouldrés.
2a(; Rondeaux.
Avoir ne sçay meilleur acquest Que voir vostre corps assouply Avec le mien en doux reply Par ung vray amoureux conquest Quant vous vouldrez.
t^'-ife^'T nfion advis la Dame, s'on y vise, y^jt^^^ Qui a grant dueil s'elle voit qu'on y vis f'//^ vl Joieusemenl avec aultre quelcune, «^^^iS^^^?^ Soit belle ou laide, ou blanche ou clèi Geste façon tant soit peu je ne prise [brun
Si en beaulté elle n'est fort exquise , Ou que d'aiT.our n'est priée ou requise, Ce neantmoins sa manière répugne A mon advis.
Et supposé que Dame bien aprise D'aymer quelcun en a faict l'entreprise, Et sans avoir de luy or ou pecune, i'.n ce cas là avoir envye aucune, Elle ne doibt 4p peur d'estre reprise, A mon advis.
Rondeaux.
e souffreteux et honteux indigenî Qui vous prier n'a esté négligent Le secourir en sa nécessité, N'a point congnu que soyez incité De luy ayder d'ung vouUoir diligent.
De desrober son or et son argent, Que plusieurs ont en coffres par art gent. Larron ne craint, n'en ville n'en cité. Le souffreteux.
Se biens avoit comme prince ou régent, Ne doubteroit cicaneux ne sergent Et seroit hors de grant perplexité; ''D'ennuy qu'il a ne scet son entregent, Le souffreteux.
ar le rapport d'un moyne trop hastif.
Et par son dict indiscret et hastif, 1^ |^(î) De vostre amour je me sens retarde, t^S»W6 Car d'ung ennuy altérant cssardé ^ En est mon cueur, et tout desolatif.
Le temps ne m'est ainsi récréatif, Ne vous aussi ami consolatif,
A cause de l'ennuy.
Essarder, éponger.
Rondeaux.
Comme j'ay veu, qui ' est mal regardé
Par le rapport.
De se venger du moyne accusatif Qui saige n'est, mais fol supellatif, Danger n'y a, ains doibt estre lardé ; Par quoy je croy que gaudi, brocardé, Sera de brief, d'ung désir optatif,
Par le rapport.
LXXVIIII.
u plus des plus desconfortés du mondij Pourlejourd'huy, auquel malheur habdi- Et par sur tous d'ennuy infortuné, (it^àS^^rt?!^ Force luy est, comme homme imporlu ■ Se garentir d'ung pourchas furibonde.
Aux demandeurs temps est qu'il leur rospondr: Mais le bon Dieu, où son espoir se fonde, Luy aydera, le cas bien impugné, Au plus des plus.
Par doulx parler et par langue faconde, Se le vouloir n'est du juge iraconde.
D'autant qu'il est dessoubz Saturne né, Ouy sera et son faict démené A son désir : voilà où je me fonde Au plus des plus.