‹ Œuvres de Rulhière (volume 3)Chapitre 13 sur 56 · IL.a dispute s'assied dans l'asile du sage · texte numérisé non relu

IL.a dispute s'assied dans l'asile du sage

La contrariété tient souvent au langage; On peut s'entendre moins , foimant on m«me son , Que si l'un parlait hasque, et l'autre bas-bieton. C'est-Ià , qui le croirait ? un fléau redoutable ; Et la pâle £untne , et la peste efirojable N'égalent point les maux et les troubles divers Que les malentendus sèment dans l'univers.

Peindrai-je des dévols les discordes funestes , Les saints emportements de ces âmes célestes ? Le fanatisme , au meurtre excitant les humains , Des poisons , dei poignards , des flambeaux dans les maîns ; Nos villages déserts , nos villes embrasées , Sous nos foyers détruits nos mérés écrasées, Dans nos temples sanglants , abandonnés du ciel , Les ministres rivaux égorgés sur Tautel • Tous les crimes unis ,. meurtre, inceste , pillage , Les fureurs du plaisir se mêlant au carnage , Sur des corps expirants d'infâmes ravbseurs Dans leurs mnbrasseroents reconnaissant leurs soeurs; L'étranger dévorant le sein de. ma patrie, Et sous la piété déguisant sa îme; Les pères conduisant leurs enfants aux bourreaux , Et les vaincus toujours traînés aux échafauds ?.... Œayres diverses. 22

338 DISCOIJBS SUK LES DLSPOTES.

Dieu paîssint! permette, qne ces temps déplorables , Un jour, par nos neveox , soient mis au rang des febles.

Mais je VOIS s'avancer un fâcheux disputeur ; Son air tfhamîlité couvre mal sa hauteur; Et son austérité , pleine de l'Évanple , Pandt offrir à Dieu le venin qu'il dislilc.

« Monsieur, tout ceci cache un dangereux poison ; » Personne , selon vous , n'a ni tort , ni raison ; D Et , sur la vérité n'ayant point de mesure , » Ilfaut smvre pour loi l'instinct de la nature ! »

- « Monsieur , )< n'ai pas dit un mot de tout cela..... » p. « Oh ! quoique vous ayct dégubé ce sens-là , » En vous interprétant , la chose devient claire^- »

^Mats , en termes précis , j'ai dit tout le contraire- Cherchons la vérité , mais d'un commun accord ; Qui discute a raison , et qui dispute a tort. Voilà ce que j'ai dit ; et d'ailleurs , qu'à la guerre, A la ville , à la cour , souvent il £aut se taire....

— « Mon cher monsieur , ceci cache toujours deux sens ; » Je distingue..» —Monsieur, distinguez , j'y consens. —J'ai dit mon sentiment , je vous laisse les vôtres,

En demandant pour moi ce que j'accorde aux autres....

— tt Mon filsî nous vous avons défendu de penser;

ï) Et , pour vous convertir , je cours vous dénoncer. »

Heureux! ô trop heureux qui, loin des feoatiques. Des causeurs importuns et des jaloux critiques. En paix, sur VHélicon pourrait cueillir des fleurs ! Tels on voit dans les champs de sages laboureurs, D'une ruche irritée évitant les blessures , En dérober le miel à Tabri des piqûres.

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