‹ Œuvres de Rulhière (volume 3)Chapitre 21 sur 56 · SUR SON POËME DES JARDINS · texte numérisé non relu

SUR SON POËME DES JARDINS

Sua les sommets du doiiMe moot, Vous avez sa, om» cher Delille, Voas ceindre des lauriers qui couronnent le fironi Et d'Hésiode et de Vîi^le.

Vous YOÎU trois fameux rivaux , Et j'aime k voir dans vos ouvrages

Un semblable sujet et des talents égaux ,

l^Iais la diversité des peuples et d£s âges.

Hésiode , loin des cités , I>e la Grèce naissante éveiUant l'industrie, A donné dans ses vers par les Muses dictés, Les leçons du travail et de féconomle.

Au peuple roi de l'univers, Des champêtres travaux rappelant Tinaoceace,

* Virgile a chanté dans ses vers , Et les paisibles soins , et la simple abondance.

Vous avez égalé la douceur de leurs chants ; Mais , hélas ! que nos mœurs sont loin de ces deux ftges ! Vous ramenez nos yeux vers les travaux des champs , Par le charme des paysages.

ÏPITRES.

A MADAME DE

Mon loin du p61e, au bout du monde.

Dans le vaste empire des czars.

Qui fleurit dans sa paix profonde , Qui devient le pays des arts , Vous me demandez une esquisse De sa nouvelle impératrice.

Modèle trop grand pour mes vers, C'est à la muse de riiistoîre, C'est aux cent bouches de la gloire, De l'annoncer à l'univers.

Parer d'une giice infinie Tout l'éclat de la majesté.

Joindre à la force du génie Tout l'agrément de la gaité, Malgré la souveraineté, £tre fort bonne compagnie ; La voilà dans la vérité.

Mille voix ont dû vous redire Qu'elle a dû plaire pour régner ; Aussi , son art de gouverner Tient beaucoup de Tart de séduire.

Séduire , même en réformant, Ce n'est pas un facile ouvrage ; Mais on la voit incessamment Sur tous les points , à tout moment, Respecter et changer l'usage.

On la voit mûr tour-à-tour ,

£1 la pompe et le badinage ;

Tenir aaperbement sa cour.

Et rire de ce personnage ;

Courir le bal josqnes an jour •

En méditant quelque loi sage.

Ah! beau masque! l'heureux moment

Où vos grâces , sans diadème^

Touchent les cœurs si vivement ,

Où vous régnez par Fagrément,

Où Ton vous cherche pour vous-même ,

Où Ton adore, où Ton maudit

Cet agrément qui vous trahit.

Et vous rend le pouvoir suprême*

Dieu vous couronna de sa main j

Nous le prions qu'il vous conserve :

C'est le bonheur du genre humain;

Qu'un grand peuple long-temps vous serve.

Dieu s'entend prier, sur ce point,

Par le bonze , le talapoin ,

Le lamas , le dervîs , le pope ,

Et les trente sectes d^Ëurope.

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