AU MÊME, POUR LES MOINES DE LA MEUSE
Je ne puis pas ne pas m'unir à la demande du seigneur de Reims, surtout puisqu'elle
1 On ne sait quelle est cette abbaye de l'ordre de Gteanx qui était située dans le diocèse de Cb&ions, ou non loin de U. Quant au monastère de Saint-Urbain, il fut construit en 865, par Herchenrans, évèque de Chàlons, comme l'atteste le moine Henri, lÂvre de» miraelet de saint Germain^ cbap. 14.
s Dans le manuscrit de Clteanx^ cette lettre porte pour titre : Pour Samsan, archevêque de Reims, Cela revient au mème^ puisque la lettre a été écrite à la prière de Samson en laveur des moines de la Meuse. C'était un célèbre monastère, dit de Sainte-Marie-sur-Meuse, situé dans le diocèse de Reims, et établi sous la congrégation Bénédictine de Saint- Victor. U n'y a rien sur cette allure dans la Chronique de la Meuse. Spiciieg. tom.Yli
mérite d'être exaucée. Nous vous prions donc et nous vous supplions avec les plus vives instances en faveur des pauvres moines de la Meuse. Vous connaîtrez par le porteur des présentes la persécution qu'ils endurent, faites qu'ils en soient délivrés le plus tôt possible, et que votre main puissante écarte d'eux les outrages et les cabales des méchants. C'est pour cela, en effet, que ces pauvres ont de si loin envoyé quelqu'un vers vous. Pour la réponse que vous devez leur faire, laissez-vous inspirer autant par la justice que par la pauvreté de ces religieux qui vous aiment ; ayez égard aussi à leur intercesseur que j'ai nommé et qui n'a pas pour vous peu d'affection.
LETTRE CCLXIIL .
A l'évêque de soissons, pouh l'abbé de chézt * .
J'avais eu recours aux prières, quand peutêtre j'aurais pu ordonner, et je me croyais exaucé. Hais, puisque je m'aperçois qu'il n'en est rien, il parait que je ne dois plus demander simplement et d'une voix ordinaire, mais que je dois crier de toutes mes forces; car n'ayant pas éprouvé de refus jusqu'à présent, je ne prends pas celui-ci légèrement ni avec indifférence. Agissez donc comme vous le devez, comme vous avez coutume de le faire ; vous êtes lié par vos précédents. Agissez, je vous le dis, sinon parce que nous vous en prions, au moins parce que nous vous l'ordonnons. Revenez à la justice. Or, il ne semble pas juste qu'un homme religieux, qui est votre fils et notre ami, l'abbé de Chézy, perde un droit de son monastère pour une parole inconsidérée, qu'il a prononcée imprudemment et sans le consentement de son Église. Quand bien même son adversaire, se défiant de la bonté de sa cause, s'en tiendrait opiniâtrement à cette parole, nous croyons qu'en bonne justice elle ne doit pas nuire à cet abbé ; d'ailleurs, on sait que les personnes au jugement desquelles cette affaire a été remise, au lieu de s'accorder, se sont trouvées en dissentiment. C'est pourquoi
^ Cet abbé était sans doute Simon, dont il est question dans la lettre 293. Quelques éditions donnent pour titre à cette lettre: Au méme^ ce qui ferait supposer qu'elle s'adresse comme la précédente à Eugène ; mais les manuscrits de Citeaux et de Clairvaux suivis par dom Mabillon, portent avec plus de raison : à Tévèque de Soissons, dans le diocèse duquel était Cbézy, monastère de Tordre de Saint-Benoit, sur la Marne. Cet évèque était alors Joslain. 11 faut peut-être appliquer à cette déposition de Simon ce que dit Pierre de Celle, livre ii, lettre 14.
Mt^
LETTllES DE SAINT BERNARD.
nous pensons que vous ne nous causerez ni trouble ni chagrin à ce sujet. Que de même Dieu remplisse Yotre âme de joie, et vous préserve de toute inquiétude, ô père qui avez droit à l'amour et au respect de tous les serviteurs du Christ et spécialement aux nôtres.