IL DIVISE LA CONSIDÉRATION EN QUATRE CHEFS PRINCIPAUX
6. Pour en venir maintenant aux fruits que doit produire la considération, je pense que vous avez à considérer quatre choses, qui se* présentent d'elles-mêmes: vous; ce qui est audessous de vous; ce qui est autour de vous ; ce est au-dessus de vous.
* Is., V, 20. — • Ps. LXVllI, 8.— • PS. LXVIII, 10.
DE LA CONSIDÉRATION. — LIVRE DEUXIÈME
Que votre considération commence par tous, (le i)eur que vous ne retendiez inutilement à d'autres objets, en vous négligeant vous-même. .4 qmi vous servirait de gagner le monde entier^ si OQUs vous perdiez vous-même^? Quelque sage que vous soyez, si vous ne Têtes pas pour vous, votre sagesse est incomplète. Et que lui manque-t-il? A mon sens, tout. Quand vous auriez la connaissance de tous les mystères ; quand votre savoir embrasserait l'étendue de la terre, et la hauteur des cieux, et la profondeur des mers; si vous vous ignorez vous-même, vous ressemblerez à un homme qui bâtirait sans fondement^ et vous entasserez des ruines au lieu d*élever un édifice. Tout ce que vous aurez construit hors de vous-même, sera, comme un amas de poussière, sujet au caprice des vents.
Celui-là donc n'est point sage, qui ne l'est pas pour lui-même. Le sage sera d'abord sage pour soi, et il boira tout le premier de l'eau de sa propre fontaine. En conséquence, c'est par vous-même que doit commencer votre considération^ par vous aussi qu'elle doit finir. En quelque lieu qu'elle s'écarte, ce sera toujours avec fruit pourvotre salut que vous la ramènerez à vous-même. Soyez le premier objet de votre considération, soyez-en aussi le dernier. Prenez exempledu souverain Créateurdetouteschoses, envoyant à la fois son Verbe et le retenant avec lui. Votre verbe, à vous, c'est votre considération. Il faut qu'elle marche en avant sans vous perdre de vue, qu'elle s'éloigne de vous sans en sortir, qu'elle s'en sépare sans vous abandonner.
Quand il s'agit de gagner le salut, nul ne vous touche de plus près que le fils unique de votre mère. N'ayez jamais dans la pensée rien de contraire à votre salut : de contraire^ c'est trop peu dire; j'aurais dû dire dV/ranjer. Quelqu'objet qui se présente à votre considération j s'il ne regarde point d'une manière ou d'une autre votre salut, repoussez-le.