‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 16 sur 385 · LETTRE CCCXXXIII · texte numérisé non relu

LETTRE CCCXXXIII

(Écrite l'an 1140.) A G. CARDlliiAL^

Sur le même sujet.

A son vénérable ami, à G., cardinal-diacre sous le titre des saints Serge et Bacchus, Bernard, abbé de Clairvaux, salut et afl'ection.

Toutes les fois que j'entre à la Cour, vous devez toujours, selon votre coutume, vous lever pour moi. Vous prenez ces paroles pour une plaisanterie, mais ils'agitd'uneafTaire sérieuse. Je parais aujourd'hui devant la Cour, non pas en personne, mais par mon affaire. Puisque vous avez l'habitude de vous lever devant ma personne, levez-vous donc pour mon affaire, ou plutôt pour l'affaire du Christ, car c'est le Christ qui est en cause, et la vérité qui est en péril. Levez-vous, ouplutôt, dressez-vous contre celui qui discute sur la foi contre la foi, qui oppose la loi aux paroles de la loi, qui lève les mains contre tous, et voit les mains de tous se lever contre lui. C'est Pierre Abeilard qui, n'écoutant que le caprice dans ses distinctions, écrit,enseigne,discute sur les mœurs,sur les sacrements, sur le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Aujourd'hui, après avoir ébranlé et troublé l'Église, il pénètre à la Cour non pour guérir les blessures qu'il a faites, mais pour trouver des excuses à ses péchés. Si vous êtes le ûls de l'Eglise, défendez le sein qui vous a porté, et les mamelles qui vous ont nourri.

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