Si vous n'en croyez pas à mes discours
» IV Rois, IV, 41.— » Prov., m, 18.
croyez*en à l'expérience, laissez -vous convaincre par les exemples du plus grand nombre. On voit courir de toutes parts les pécheurs à la pénitence ; et ceux que la nature et l'habitude ont dû rendre sensibles à la douleur comptent néanmoins pour peu de chose les austérités corporelles, quand leur conscience agitée aspire à trouver le repos. Rien n'est impossible pour qui a la foi, rien n'est difficile pour qui a l'amour, rien n'est amer pour qui est doux, rien n'est trop haut |K)ur qui est humble: ceux qui possèdent ces vertus sont d'ailleurs aidés par la grâce, et leur par-^ faite obéissance adoucit le poids de l'autorité.
81. Jusques à quand rechercherez-vous la grandeur, et regarderez- vous au-dessus de vos tètes ^ ? Certes, c'est une chose assez grande et assez admirable, que d'être ministre du Christ,' et dispensateur des divins mystères. Mais l'ordre éminent des pacifiques est encore bien haut au-dessus de vous ; à moins que, ne tenant nul compte des rangs que je vous mon-' trais tout à l'heure, il ne vous convienne de les franchir plutôt que de vous élever par degrés. Et plût au ciel, cependant, qu'il fût pos-! sible à quiconque s'avance par de pareils moyens, d'être aussi fidèle à remplir sa charge, qu'il a été présomptueux en la briguant I Hais il est difficile, et peut-être même impossible,' que la racine amère de l'ambition produise jamais le doux fruit de la charité. Quanta moi, je vous dis, si vous voulez l'entendre, ou plutôt, ce n'est pas moi qui le dis, mais le divin Maître lui-même : Quand vous sere% prié à tm festin de noces, asseyez-vous à la dernière place :. .. car quiconque s'élive, sera abaissé: et quiconque s'abaisse^ sera élevé '.