‹ Œuvres de Saint BernardChapitre 342 sur 385 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

u RÉSIGNE LB SIÈGE MÉTROPOLITAIll IFRÂS T AVOIR RÉTABLI LA PAIX.

3i. Après trois ans, les superbes ayant reçu leur récompense, la liberté étant rendue à l'Église, la barbarie chassée, et les mœurs chrétiennes paiiout réformées, Malachie, voyant tout en paix, se prit à songer à son propre repos. Fidèle à sa résolution, il mit à sa place Gélase, un homme de bien, digne de cet honneur. Le clergé et le peuple, à cause de leur promesse subirent, sans y donner leur consentement, cette dure extrémité. Après la consécration du nouvel évéque qu'il recommanda vivement aux rois et aux princes, Malachie, tout illustré par ses miracles et ses triomphes, retourna à sa paroisse, mais non à Connereth. Écoutez-en la raison, elle mérite d'être rapportée. Ce diocèse avait anciennement, dit-on^ deux sièges épiscopaux et deux évéques; ce qui semblait préférable à Malachie. U sépara donc de nouveau les deux sièges réunis par

t IV Rois, VI, 24.

SUR LA VIE ET LES ACTIONS DE SAINT MAUCHIE

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Tambition, laissa Tun à un autre évèque, et garda l'autre pour lui. Il ne revint donc pas à Connereth où il avait déjà ordonné un évêque ; il se retira à Duna \ rendant à chaque territoire ses anciennes limites. 0 cœur pur 1 ô œil de colombe I il donne au nouvel évéque le lieu le mieux pré)>aré et le plus important, le lieu où il avait lui-même siégé. Où sont ceux qui se livrent à d'éternelles contestations pour une limite, et entre lesquels un hameau devient la cause d'inimitiés sans fin? Je ne sais s'il est une classe de gens qui se trouve mieux atteinte par cet antique oracle: lis ont fendu en deux les femmes grosses de Gaload^ peur étendre les limites de leur pays *. Mais laissons ce sujet.

32. Devenu évoque de Duna, Bialachie, selon sa coutume, s'em|)ressa d'appeler à sou aide un monastère de clercs réguliers formé de ses fils. Le voilà qui, comme un soldat novice du Christ, retourne au combat; il se revêt do nou> eau des armes puissantes de Dieu : l'humilité de la sainte pauvreté, la sévérité de la discipline monasti(]ue, le repos de la contemplation, et l'assiduité de la prière. Cependant, il lui fut plus facile de tenir à ces pratiques par ses désirs qu'en réalité. Car tout le monde accourait à lui; non-seulement les petits, mais les nobles et les puissants s'empressaient de se remettre à sa sagesse et à sa sainteté, pour être instruits, corrigés et dirigés. De temps en temps, il sortait |)our semer sa semence, réglant et décidant les affaires ecclésiastiques, en toute autorité comme un apôtre. Et nul ne lui disait : a De quel droit faites-vous cela? » Car chacun voyait les signes et les prodiges qu'il opérait, et savait que là où est l'Esprit du Seigueur, là est aussi la liberté.

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