ET L'ULTRAMONTANISME EN FRANCE XLI
les rois de l’Europe, mais aussi par le représentant du roi des rois, par le pape lui-même, ne perdirent-ils rien de leur assurance et de leurs prétentions, en voyant les corps politiques et la magistrature de France prendre encore au sérieux le coup de foudre tombé par hasard du Vatican sur les enfants de Loyola, quand ce coup n'avait fait que les étourdir un instant.
Cette confiance du Jésuitisme en sa force et son avenir était d'autant plus dangereuse qu’elle se cachaït sous de feintes alarmes pour ne pas inspirer aux gallicans et aux libres penseurs une imprudente sécurité. La chute de M. de Villèle et l’avenement de M. de Martignac avaient fait crier beaucoup la presse cléricale; mais le parti jésuitique garda toutes ses hautes positions à la cour, et 1l le témoigna brusquement en août 1829, en faisant remplacer le ministère quasi-hoéral de 1828 par le cabinet que présida le conseiller intime du Roi, M. de Polignac. Il garda si bien sa prépotence occulte, même sous le ministère Martignac, que sur une attaque de M. de Corcelles (père de notre dernier ambassadeur auprès du pape), contre les jésuites, le ministre des affaires ecclésiastiques, M. Feutrier, évêque de Beauvais, s’était empressé de monter à la tribune