‹ Œuvres de Saint-Simon & d'EnfantinChapitre 21 sur 94 · MISE EN ACTION DE LA NOUVELLE ORGANISATION SOCIALE · texte numérisé non relu

MISE EN ACTION DE LA NOUVELLE ORGANISATION SOCIALE

« La royauté héréditaire, dans l’ordre de primogéniture, est l'institution sur laquelle se fonde la nouvelle organisation.

« L’académie suprême forme le Conseil initiatif de Sa Majesté.

« Les projets arrêtés dans le Conseil initiatif sont envoyés à l’examen de l'Académie des Beaux-Arts et de l'Académie des Sciences.

« Ces projets, après avoir été examinés par ces deux académies, seront présentés, avec les observations faites par elles, au Conseil des industriels.

« Le Conseil des industriels fait tous les ans les projets de budjet, et vérifie si les ministres ont employé convenablement les sommes qui ont été accordées à leur département par le budjet précédent.

« Le projet du budjet ainsi élaboré est remis au Conseil des ministres, qui, d'après les ordres du Roi, le présente aux Chambres.

Ce projet se réduit, comme on le voit, à une simple intercalation entre le pouvoir du Roi et celui des Chambres.

Nous avons assisté à l'entrée de S. M.

Charles X. Les parisiens ont accueilli avec une véritable affection le Roi et la famille royale, et ils se sont montrés très-indifférents pour tous les grands personnages, tant de l’ancienne que de la nouvelle noblesse, qui composaient l’escorte.

Nous nous sommes demandé ce qui serait arrivé si le Roi, entrant dans la capitale, s'était entouré :

Des premiers mathématiciens, physiciens, . chimistes, physiologistes el mécaniciens de son royaume ;

Des poëtes, des peintres, des sculpteurs, des musiciens, des ingénieurs et des architectes les plus distingués ;

Des cultivateurs, des fabricants, des négociants et des banquiers les plus importants.

Nous resterons convaincus que l'enthousiasme pour le Roi, ainsi escorté, aurait été porté à son

comble et aurait infiniment dépassé ce qui a existé dans ce genre à aucune époque de la société.

La vue des hommes qui illustrent et enrichissent la nation, ayant le Roi à leur tête, est celle qui peut plaire le plus au peuple.

Ce n'est plus par des victoires que la nation française veut s'illustrer, ce n'est plus par les conquêtes qu'elle veut s'enrichir, c'est à la supériorité dans les sciences et dans les beaux-arts que les français aspirent; c'est par des travaux pacifiques et industriels qu'ils veulent s’enrichir. |

Le temps des illusions est décidément passé:

c'est très-froidement que les peuples calculent aujourd'hui leurs propres intérêts ; la pompe du pouvoir n'æ pius pour eux qu'un très-faible attrait : ils se réjouiraient bien plus de voir les rois entourés de ceux qui les enrichissent que de ceux qui leur coûtent, et qui exercent sur eux des pouvoirs dont l’action est plus nuisible qu'utile à la prospérité publique.

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