AU CHEVALIER JOSEPH DE RUFFIA
(inédite)
Réponse à une lettre de félicitation.
Annecy, 22 janvier 1603.
Monsieur,
Je receu nagueres une des lettres quil vous a pieu m'escrire, si pleyne de tesmoignages de vostre bienveuillance que je n'en pourray jamais tant mériter. Je voudrois que la res-jouissance que vous prenés de ma promotion a ceste charge eût autant de sujet en ma capacité et suffisance comm'ell'en a en l'amitié delaquelle il vous plait m'honnorer ; Dieu, par sa bonté, m'aydera et suppléera a ce qui me manque. Cependant, Monsieur, je vous supplie, croyes que tout tel que je suis, je ne cederay jamais a pas un de ceux qui vous sont acquis en affection et fidélité ; dequoy quand il vous plaira de tirer les preuves en m'employant, je le prendray en singulière faveur, comme j'eusse fait a vous rendre service sur le particulier sujet pour lequel vous m'escrivies que
vostre agent saddresseroit a moy, ce quil n'a pas fait jusques a l'heure.
Je demeureray donques attendant les occasions, et priant Dieu quil vous conserve et donne le comble de ses grâces, comme doit celuy qui est
Vostre humble et très affectionné serviteur en Jésus Christ,
Franc5 De Sales,
Evesque de Genève.
A Neci, le 22 janvier 1603.
A Monsieur
Monsieur de Rufia, General de l'artillerie pour S. A.
Revu sur l'Autographe conservé au château de Rufila, près de Turin.