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MEDITATION ET CONSIDERATION SECONDE

CHAP. XI

Considérez que les vertus et la dévotion peuvent seules rendre vostre ame contente en ce monde : voyez combien tout cela est beau : mettez en comparaison les vertus et les vices qui leur sont contraires. Quelle douceur en la patience au pris de la vengeance?

Edition Princeps. Partie III. Chap. xiï. 177*

de la douceur au pris de l'ire et du chagrin? de l'humilité, au pris de l'arrogance et ambition ? de la libéralité au pris de l'avarice, de la charité au pris de l'envie, de la sobriété au pris des desordres? Les vertus ont cela d'admirable qu'elles délectent l'ame d'une douceur et suavité nompareille, après qu'on les a exercées : où les vices la laissent infiniment recreue et mal-menée. Or sus doncques, pourquoy n'entreprendrons nous pas d'acquérir ces suavitez ?

Des vices qui n'en a qu'un peu n'est pas contant, et qui en a beaucoup est mescontant : mais des vertus qui n'en a qu'un peu, encor a-il desja du contentement, et puis tousjours plus en avançant. O vie dévote que vous estes belle, douce, agréable, et souëfve ! vous adoucissez les tribulations et rendez souëfves les consolations : sans vous le bien est mal, et les plaisirs pleins d'inquiétudes, troubles et défaillances : ah qui vous cognoistroit pourroit bien dire avec la Samaritaine, Domine da mibi banc aauam ; Seigneur donnez moy cette eau ; aspiration fort fréquente à la M. Thérèse, et à saincte Catherine de Gènes.

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