Première Partie. Chapitre xiv
5. La séparation faite et les livres des consciences ouvertz, on verra clairement la malice des mauvais et le mespris dont ilz ont usé contre Dieu ; et d'ailleurs, la pénitence des bons et les effectz de la grâce de Dieu qu'ilz ont receuë, et rien ne sera caché. O Dieu, quelle confusion pour les uns , quelle consolation pour les autres !
6. Considères la dernière sentence des mauvais : Ailes, maudit^ (aK au feu éternel qui est préparé
au diable et a ses compaignons *. Pesés ces paroles si *Matt.,xxv, 41, pesantes. Ailes, dit il : c'est un mot d'abandonnement perpétuel que Dieu fait de telz malheureux, les bannissant pour jamais de sa face. Il les appelle maudit^ : o mon ame, quelle malédiction ! malédiction générale, qui comprend tous les maux ; malédiction irrévocable, qui comprend tous les tems et l'éternité. Il adjouste, au feu éternel : regarde, o mon cœur, cette grande éternité. O éternelle éternité des(b) peynes, que tu es effroyable !
7. Considères la sentence contraire des bons : Venes, dit le Juge ; ah, c'est le mot aggreable de salut par lequel Dieu nous tire a soy et nous reçoit dans le giron de sa bonté ; bénis de mon Père : o chère bénédiction, qui comprend toute bénédiction ! possédés le royaume
qui vous est préparé des la constitution du monde*. * ibid., 34- O Dieu, quelle grâce, car ce royaume n'aura jamais fin !
Affections et resolutions
1. Tremble, o mon ame, a ce souvenir. O Dieu, qui me peut asseurer pour cette journée, en laquelle les colomnes du ciel trembleront de frayeur*? "Job, xxvi, n
2. Détestés vos péchés, qui seulz vous peuvent perdre en cette journée espouvantable.