LIVRE DEUXIÈME
Suède, toujours fidèle à sa politique intéressée, ne put se résoudre à se déclarer bien nettement.
La résolution de la conférence de Leipzig et le traité entre la France et la Suède étaient deux nouvelles également fâcheuses pour l’empereur. Contre la décision des princes il eut recours aux foudres de sa toute-puissance impériale. Pour faire sentir à la France tout son mécontentement du traité , il ne lui manquait qu’une armée. Tous les membres de l'union de Leipzig reçurent des lettres de remontrances , qui leur interdisaient, dans les termes les plus forts , toute levée de troupes. Ils répondirent par de violentes récriminations, justifièrent leur conduite par le droit naturel , et continuèrent leurs préparatifs de guerre.
Cependant les généraux de l’empereur se voyaient réduits, par le défaut de troupes et d'argent, à la fâcheuse alternative de perdre de vue le roi de Suède ou les princes allemands, ne se trouvant pas en état de leur tenir tète en même temps avec leurs forces divisées. Les mouvements des protestants attiraient leur attention vers l'intérieur de l'Empire; les progrès c(u roi dans la marche de Brandqbourg, qui menaçaient déjà de près les États héréditaires de Ferdinand, exigeaient impérieusement qu'ils tournassent leurs armes de ce côté. Après la prise de Francfort , Gustave avait marché contre Landsberg sur la Warta , et Tilly , après avoir essayé trop tard de sauver cette place, retourna vers Magdebourg, pour continuer avec vigueur le siège commencé.
Le riche archevêché dont Magdebourg était la résidence avait longtemps appartenu à des princes évangéliques de la maison de Brandebourg , qui y établirent leur religion. Christian-Guillaume, le dernier administrateur, avait été mis au ban de l’Empire, à cause de ses liaisons avec le Danemark, et le chapitre, pour ne pas attirer sur l'archevêché la vengeance impériale, s’était cru obligé de le dépouiller formellement de sa dignité1. A sa place, il proposa le prince Jean-Auguste, deuxième fils de l’électeur de Saxe; mais Ferdinand le rejeta, pour conférer l’archevêché à son propre fils Léopold. Là-dessus l’élec-