ACTE III, SCfeNE III
demeurer ici. Chaque heure qui s'approche fait éclore quelque épouvantail nouveau, monstrueux. ^
LA DUCHESSE
Tu auras en partage un sort plus tranquille.... Nous aussi, ton père et moi, nous avons vu de beaux jours. Je pense encore avec bonheur aux premières années. Alors il aspirait gaiement à monter; son ambition était un feu qui doucement réchauffe, mais non encore la flamme déchalpée et dévorante. L’empereur l'aimait, se liait à lui, et tout ce qu’il entreprenait réussissait nécessairement. .Mais depuis la malheureuse journée de Uatisbonne, qui le précipita de sa grandeur, un esprit inquiet, insociable, soupçonneux et sombre, s’est emparé de lui. I..a paix a fui loin de lui, et, cessant de se fier gaiement à son ancienne fortune, à sa propre force, il a livré son cœur aux arts ténébreux , qui jamais encore n’ont fait le bonheur de qui les cultiva.
LA COMTESSE
Vous voyez les choses avec vos yeux.... .Mais est-ce donc là un entretien convenable pour attendre sa venue? Il sera bientôt ici, vous le savez. Doit -il vous trouver dans de telles dispositions?
LA DUCHESSE
Viens, mon enfant. Essuie tes larmes. Montre à ton père un visage serein.... Vois, ce ruban est dénoué,... Il faut rattacher ta chevelure. Viens, sèche tes larmes; elles ternissent tes beaux yeux.... Que voulais-je dire? Oui, ce Piccolomini est un digne gentilhomme, plein de mérite.
LA CO.MTESSE.
C’est vrai, ma sœur.
THÉCLA, à la Comtesse, avec anxiété. ■ '
■Ma tante, voulez-vous m’excuser? {Elle veut sortir.)
LA COMTESSE
OÙ allez-vous? Votre père "vient.
THÉCLA
Je ne puis le voir en ce moment,
LA COMTESSE
Mais il remarquera votre absence; il vous demandera.
LA DUCHESSE
Pourquoi se retire-t-elle?
LA MORT DE WA LLENSTEI N
THÉCLA
Je ne puis supporter sa vue.
LA COMTESSE , à la Duchesse.
Elle ne se trouve pas bien.
LA DUCHESSE, inquiète.
Que peut avoir ma chère enfant? {Toutes deux suivent Thécla et cherchent à la retenir. Wallenstein parait , s'entretenant avec Jllo.)