‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 402 sur 438 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

niTTLER et GOUUOX.

GORDON, les suivant des yeux.

liCS malheureux! Avec quelle imprévoyance, dans l’aveugle ivresse de leur victoire, ils se précipitent dans le piège meurtrier tendu d(‘vant eux!... Je ne puis les plaitidre. Cet Illo, cet insolent et audacieux scélérat, qui veut se baigner dans le sang de son empereur!

BUTTLER

Faites ce qu’il vous a oïdomié. Envoyez des patrouilles faire la ronde, veillez à la sûreté de la forteresse. Dès qu’ils seront montés, je fermerai à l’instant le château , alin que l’événement ne s’ébruite pas dans la ville. ,

GORDON, avec inquiétude.

Oh! no vous hâtez pas ainsi! D’abord dites-moi....

BUTTLER

Vous l’avez entendu. I.a prochaine matinée appartient déj.'i aux .Suédois. Lt nuit seule est â nous. Ils sont prompts, nous le serons davantage.... Adieu.

GORDON

Ah! vos regards ne .me disent rien de bon. Promettez-moi....

l,a lumière du soleil a disjjaru sous l’horizon ; l’ombre d’un soir fatal tombe des cieux. La présomption leur inspire une entière sécurité. Leur mauvaise étoile les livre sans défense dans nos mains , et au milieu de leur ivresse, de leur joyeuse illusion, le glaive acéré tranchera soudain leur vie. U‘ prince fut de tout temps un grand calculateur ; il savait tout compter , il savait placer les hommes comme les pièces d’un damier et les pousser à son but. Il ne se faisait point de scrupule de jouer et de risquer l’honneur , la dignité , la bonne renommée d’autrui.

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