‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 419 sur 438 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Une salle, d’où l’on arrive à une galerie qui sefieid au loin vers le fond de la scène.

WALLENSTEIN est assis à une table; LE CAPIÏALNE SI ÉDOLS est debout devant lui ; bientôt apres, L.V CO.MTESSE TE11ZK.Y.

Olfrez mes salutations à votre maître. Je prends part à sa bonne fortune , et si vous ne me voyez pas témoigner autant de Joie que peut le mériter cette nouvelle de victoire, croyez que ce n’est pas manque de bonne volonté, car la fortune désormais est commune entre nous. Adieu! Hecevez mes remerciments pour votre peine. Demain la forteresse vous sera ouverte.

LA MORT DE WALLENSTEIN

quand vous viendrez. {Le Capitaine suédois sort. H'ai/enitein demeure assis, absorbé dans de profondes réflexions, regardant fixement devant lui , la tHe appuyée sur sa main. La comtesse Tersky entre et reste quelque temps devant lui sans qu'il la remarque. Enfin, il fait un mouvement subit, Vaperçoit et se domine aussitôt.) Viens-tu d'auprès d’elle? Se remet-elle? Que fait-elle ?

LA COMTESSE

Elle se serait trouvée plus calme après l’entretien, me dit ma sœur.... Maintenant elle est au lit.

WALLENSTEIN

Sa douleur s’adoucira. Elle pleurera.

LA COMTESSE

Toi aussi, mon frère, je ne te trouve pas comme autrefois. Après une victoire, j’espérais te voir plus serein. Oh! demeure fort. Soutiens-nous , car tu es notre lumière, notre soleil.

WALLENSTEIN

Sois tranquille. Moi, je n’ai rien.... Où est ton mari ?

Ils sont à un festin, lui et Illo.

WALLENSTEIN se lève et fait quelques pas dans la salle.

Il fait déjà nuit sombre.... Va dans ta chambre.

LA COMTESSE

Ne m’ordonne pas de me retirer, oh! souffre que je ne m’éloigne pas de toi.

WALLENSTEIN est allé à la fenêtre.

11 y a au ciel un mouvement très-animé ; le vent agite le drapeau de la tour, rapide est la course des nuages; le croissant de la lune vacille , et par intervalles une clarté incertaine traverse la nuit.... Aucune constellation n’est visible. La lueur pAle et unique que voilà vient de Cassiopée, et là est Jupiter.... mais les ombres du ciel orageux le couvrent en ce moment. {U, tombe dans une profonde rêverie et regarde fixement devant lui.)

LA COMTESSE, qui le contemple tristement, lui prend la main.

A quoi songes-tu?

WALLENSTEIN

Il me semble que, si je le voyais, je serais bien. C’est l’astre dont l’éclat préside à ma vie, et souvent son aspect m’a fortifié merveilleusement. {Pause.)

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