‹ Œuvres de Schiller Théâtre de Schiller. Tome deuxième. 3Chapitre 64 sur 438 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LE ROI entre, complètement vitu; LES PRECEDENTS. Tous Citent leurs chapeaux et , se reculant des deux côtés, forment un demin cercle autour du Roi. Silence.

LE ROI, parcourant tout le cercle d'un oeil rapide. Couvrez-vous! {Don Carlos et le prince de Parme s'approchent d’abord et baisent la main du Roi. H se tourne avec une certaine affabilité vers le dernier, sans vouloir renmrquer son fils.) Votre mère, mon neveu, désire savoir si l’on est content de vous à .Madrid.

PARME

Qu'elle ne le demande pas avant l'issue de ma première bataille.

LE ROI

Soyez tranquille. Votre tour viendra aussi, quand ces troncs se briseront. {Au duc de Férid.) Que m’apportez-vous?

FÉRIA, fléchissant un genou devant le Roi.

Le grand commandeur de l'ordre de Calatrava est mort ce matin. Voici sa croix que je rapporte.

LE ROI prend Tordre et promène ses regards sur tout le cercle: Qui. après lui, est le plus digne de la porter? {Il fait sigite au duc d'.ilbe, qui fléchit un genou devant lui, et U lui passe au cou le collier.) Duc, vous ête? mon premier capitaine.... Ne soyez jamais davantage, et jamais ma faveur ne vous manquera. {Il aperçoit le duc de Jlidina Sidonia.) Eh! voyez! mon amiral!

MÉDINA SIDONIA s’approche en tremblant, et s'agenouille devant le Roi, la tête baissée.

Voici, grand roi, tout ce que je rapporte de l’Armada et de la jeunesse espagnole. '

LE ROI, après un long silence.

' Dieu est au-dessus de moi.... Je vous ai envoyé contre des hommes, et non contre la tempête et les écueils.... Soyez le bienvenu à Madrid. {R lui tend sa main à baiser.) Et je vous remercie de m’avoir conservé en votre personne un digne serviteur. C’est pour tel, mes grands, que je le reconnais et que je veux qu’on le reconnaisse. {Il lui fait signe de se lever et de se couvrir, puis il

DON CAHLOS.

se tourne vers les autres. ) Qu’y a-t-il encore’ [A don Carlos et au prince de Parme. ) Je vous remercie, princes. (Us se retirent. Ceux des Grands gui restent s’approchent et présentent, à genoux, leurs papiers au Roi. Il les parcourt rapidement et les remet au duc d'Albe.) Vous les mettrez sous mes yeux dans mon cabinet. Ai-je fini? (Personne ne répond.) D'où vient donc que, parmi mes grands, le marquis de Posa ne se montre jamais"; Je sais fort bien que ce marquis de Posa m’a servi avec gloire. Peut-ùtre ne vit-il plus? Pourquoi ne paraît-il pas?

LERME

Le chevalier n’est de retour que depuis peu des voyages qu’il avait entrepris dans toute l'Europe. Il est à Madrid en ce moment et n’attend (ju’un jour d’audience publique pour se jeter aux pieds de son souverain.

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