ACTE 11, SCÈNE IX
Pour cette fois, je te fais grâce de la course. On te traînera. Prends à l’instant ton parti : je vais publier ton assassinat et te livrer enchaîné au conseil criminel.
le nègre , reculant de six pas.
Seigneur!... cela est contraire à notre convention.
FIESQUE
Sois parfaitement tranquille. Ce ne sera rien de plus qu'une plaisanterie. En ce moment , tout dépend du grand bruit que fera l’attentat de Gianetlino sur ma vie. On te fera subir un interrogatoire criminel.
LE NÈGRE
Avouerai-je ou nierai-je?
FIESQUE
Tu nieras. On te mettra à la torture. Tu supporteras le premier degré. Ce sera une leçon que tu pourras mettre au compte de ton assassinat. Au second degré , tu avoueras.
LE nègre secoue la tète d'un air inquiet.
Le diable est un rusé coquin. Ces messieurs pourraient me retenir à dîner, et je serais roué par pure comédie.
FIESQUE
Tu en sortiras sain et sauf. Je t’en donne ma parole de comte. Je demanderai pour satisfaction le droit de te punir, et je te pardonnerai aux yeux de toute la république.
LE NÈGRE
J’y consens. Ils me disloqueront les jointures. Cela rend plus agile.
Eh bien, vivement! égratigne-moi le bras avec ton poignard, de façon que le sang coule.... Je ferai comme si je venais seulement de te prendre sur le fait, bien! ( Poussant un cri terrible :) Au meurtre ! au meurtre ! au meurtre! Gardez les passages! fermez les portes au verrou ! ( Il prend le nègre à la gorge et P entraîne dehors. Des domestiques traversent la scène en courant. )
LA CONJURATION DE FIESQUE