ACTE MI, SCÈNE VI
A monsieur le maréchal de la cour , de Kalb. »
LOUISE
Éternelle Providence ! Un nom aussi étranger à mes oreilles que ces lignes infimes le sont à mon cœur ! (Elle se lève et demeure longtemps silencieuse, les yeux fixés sur ce qu'elle a écrit; à la fin elle le présente au secrétaire , et lui dit d’une voix épuisée et mourante :) Prenez, monsieur, c’est mon nom sans tache.... c’est Ferdinand.'... c’est tout le bonheur de ma vie, que je mets dans vos mains.... Je n’ai plus rien au monde.
WURM.
Mais non, ne vous désespérez pas, chère demoiselle! J’ai cordialement pitié de vous. Peut-être.... qui sait?... Je pourrais bien passer par-dessus certaines choses.... En vérité ! par le ciel! j’ai pitié de vous.
Louise le regarde d’un œil fixe et pénétrant.
N’achevez pas, monsieur! vous êtes sur le point de vous souhaiter une chose épouvantable.
wurm veut lui baiser la main.
Supposé que ce soit cette gentille main.... Que vous en semble , chère demoiselle ?
Louise , d’un air imposant et terrible.
C’est que dans la nuit des noces je t’étranglerais , et qu’ensuite je me laisserais avec délices attacher sur la roue. (Elle veut sortir, mais revient aussitôt sur ses pas.) Avons-nous fini, monsieur? La colombe peut-elle maintenant s'envoler?
WURM.
Encore une simple bagatelle, mademoiselle. Il faut que vous veniez avec moi et que vous vous engagiez par la. sainte cène à reconnaître cette lettre comme volontaire.
LOUISE
Dieu! Dieu! et il faut que tu nous donnes toi-même le sceau, pour sceller les œuvres de l’enfer ? ( Wurm l'entraîne.)
L’INTRIGUE ET L’AMOUR