LE MARÉCHAL DE LA COUR
Ciel'! une telle audace!... Considérez donc, 3ongez donc dans quelle disgrâce vous vous jetez , milady !
MiLADY se tourne vers ses gens rassemblés et leur dit ce qui suit, avec la plus profonde émotion :
Vous êtes là consternés, braves gens, vous attendez avec anxiété quel sera le mot de l’énigme.... Approchez, mes amis.... Vous m’avez servie honnêtement et cordialement, vous regardiez plus souvent mes yeux que ma bourse; l'obéissance était pour vous une passion; ma faveur, votre orgueil.... Faut-il que le souvenir de votre iidélité soit en même temps la mémoire de mon abaissement! Triste destinée, qui a voulu que vos jours heureux fussent mes jours les plus sombres! (Avec des larmes dans les yeux.) Je vous congédie, mes enfants!... Lady Milford n’est plus, et Jeanne de Norfolk est trop pauvre pour acquitter la dette qu’elle lui lègue.... Que mon trésorier partage ma cassette entre vous.... Ce palais reste au duc.... Le plus pauvre de vous sortira d’ici plus riche que sa maîtresse. {Elle leur tend les mains, que tous, l'un après l'autre, baisent avec ardeur.) Je vous comprends, mes bons amis.... Adieu! adieu pour toujours! {Elle maîtrise rémotion qui ioppresse.) J’entends avancer la voiture. ( Elle se dégage et veut sortir; le maréchal se précipite devant elle.) Homme de pitié, tu es toujours là?