SCÈNE VIII
FERDINAND, LE PRÉSIDENT, WURM et DES DOMESTIQUES ,
qui tous se précipitent, pleins d'effroi , dans la chambre; ensuite
MILLER , DES GENS DU PEUPLE et DES OFFICIERS DE JUS- TICE , qui s’assemblent dans le fond.
le président , la lettre à la main.
Mon tils , qu’est-ce que cela ? Je ne veux pas croire....
Ferdinand jette le verre à ses pieds.
Eh bien , vois , meurtrier !
le président recule en chancelant. Tous sont stupéfaits.
Horrible silence.
Mon lils , pourquoi m’as-tu fait cela?
Ferdinand, sans le regarder.
Oh ! oui , sans doute. J'aurais dù d'abord entendre l’homme d'Etat, pour savoir si ce coup allait bien à son jeu?... Ce fut , je l'avoue , une fine et admirable ruse, de rompre le lien de nos cœurs par la jalousie.... Le calcul était d’un maître. Seulement, il est dommage que l’amour en fureur n’ait pas obéi aussi docilement à tes fils que ta marionnette de bois.
LE président promène ses vegards effarés sur toute la réunion.
N’y a-t-il ici personne qui pleure sur un père inconsolable?
Miller , criant derrière la scène.
Laissez-moi entrer ! -Pour l'amour de Dieu ! Laissez-moi !
FERDINAND
Cette jeune fille est une sainte.... C’est à un autre à plaider pour elle. ( Il ouvre la porte à Miller , qui se précipite dans ta chambre avec le peuple et les gens de justice. )
miller , dans la plus terrible angoisse.
Mon enfant! mon enfant!... Du poison.... ou crie qu’on a pris ici du poison.... Ma fille, où es-tu ?
L'INTRIGUE ET L'AMOUR
Ferdinand le conduit entre le président et le cai.avre de Louise.
Je suis innocent, llends grâce à celui-ci !
Miller tombe à terre auprès d'elle.
O Jésus!
FERDINAND
En peu de paroles, mon père!... Mes paroles commencent h devenir précieuses.... Ma vie m'a été volée au moyen d'une infâme coquinerie, volée par vous. Où en suis-je avec Dieu? Je tremble d'y songer.... cependant je n’ai jamais été un homme pervers. Que mon sort éternel soit ce qu’il voudra.... je ne demande pas qu'il tombe sur vous.... Mais j'ai commis un meurtre , ( élevant la voix avec une expression terrible ) un meurtre dont tu ne prétendras pas que je porte seul tout le poids devant le juge du monde. J’en rejette ici solennellement sur toi la plus grande , la plus terrible moitié. C’est à toi de voir comment tu t'en tireras. ( Le menant près de Louise. ) Ici, barbare! Repais-toi de l’épouvantable fruit de ton habileté. Les convulsions de l’agonie ont écrit ton nom sur ce visage , et les anges exterminateurs le liront.... Qu’un fantôme semblable à elle vienne tirer, pendant ton sommeil , les rideaux de ton lit et te donner sa main glacée.... Qu’un fantôme semblable à elle se tienne devant ton âme, quand tu mourras, et repousse ta dernière prière!... Qu’un fantôme semblable à elle se tienne sur ta tombe , quand tu ressusciteras.... et auprès de Dieu , quand il te jugera! {Il s'évanouit, des domestiques le soutiennent. )
le président, élevant son bras vers le ciel par un yeste effrayant.
Ce n’est pas à moi, à moi , qu’il faut redemander ces âmes, juge du ciel , mais à cet homme.... ( Il s'avance sur R'urm. ) wurm , tressaillant.
A moi?
LE PRÉSIDENT
Maudit , à toi ! A toi , Satan !... C’est toi , toi , qui as donné ce conseil de vipère.... Sur toi la responsabilité.... Je m’en lave les mains.
WURM.
Sur moi ? ( Il se prend à rire d'une manière ■ effrayante . ) C’est