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2. Les six couleurs , d’après la théorie de Goethe. On ignora longtemps le mot de cette énigme, jusqu'à ce qu'enfin, sur une question insérée dans l'Indicateur général des Allemands, un ami de Schiller tira des papiers de l'auteur et publia, en 18U8, la solution suivante, qui, sans doute, ainsi que l’énigme, avait été composée pour une des représentations de Turandol ;
c Ix-s six sœurs , ces êtres aimables qui unissent à l’amicale puissance
PAHABÛLES ET ÉNIGMES.
Comment s’appelle l’objet que peu d’hommes estiment? Et pourtant il honore la main du plus grand empereur. Il est fait pour blesser et tient de fort près au glaive.
Il ne verse pas de sang et fait pourtant mille blessures; il ne dépouille personne, et pourtant enrichit; il a conquis le globe terrestre, il fait la viç douce et égale.
11 a fondé les plus grands empires; il a bâti les plus anciennes cités; jamais pourtant il n’alluma la guerre, et heureux le peuple qui met en lui saconlianceM
J’habite dans une maison de pierre ; j’y reste caché et je dors ; mais je parais, je m’élance, provoqué avec une arme de fer. D’abord je suis presque invisible et faible et petit : ton haleine peut me dompter; une goutte de pluie suffit à m’absorber; mais, dans la victoire, il me pousse des ailes. Si ma puissante soeur
de leur père la douce humeur de leur mère , qui animent de joie tout l'univers , qui volontiers servent l’allégresse et la magniOcenco et ne se montrent pas dans la maison des plaintes : ce sont les couleurs , enfants de la lumière et de la nuit. i
Goethe a inséré cette énigme de Schiller dans sa Théorie des couleurs.
1. La charrue. Voyez la noie 2 de la page 328. — Voici quelle est, dans Turandol, la solution de l’énigme :
f Cet objet de fer que peu d'hommes estiment, que l'empereur de Chine, au premier jour de l'an , honore de son auguste main, cet instrument qui, plus innocent qde le glaive , a soumis le globe terrestre à la diligence pieuse.... Qui, sortant des steppes déserts et sauvages de la Tartarie, où l’on ne voit qu’errer le chasseur et paître le berger, pourrait entrer dans ce pays florissant et voir verdir autour de lui les champs de blé, et s’élever mille cités que le peuple anime et à qui de douces lois procurent un paisible bonheur, qui le pourrait , sans honorer le précieux instrument qui a ciéé toute cette félicité.... la charrue? >
Duos Turundol, le lieu de la scène est la Cliiiio.
s’allie ’d moi, je croîs, je deviens le dominateur redoutable du monde'.
Je tourne sur un disque, je voyage sans repos ni relâche. Petite est l’étendue que je circonscris; tu la peux couvrir avec les deux mains.... Mais il me faut faire plusieurs milliers de milles jjour traverser cette jietite étendue, bien que je vole avec la promptitude de la tempête, et plus vite que la flèche ne part de l’arc’.
C’est un oiseau, et , pour la rapidité , il rivalise avec le vol de l’aigle.
C’est un poisson, il fend la vague, qui jamais encore ne porta de monstre [ilus grand.
C’est un éléphant qui porte des tours sur son énorme dos.
Il ressemble à l’engeance rampante des araignées, lorsqu’il remue ses pieds.
Et solidement cramponné avec sa dent aiguë de fer, il se tient comme sur des pieds inébranlables, et brave l’ouragan furieux *. •
1. L'itincelle. Un des criüques qui ont expliqué ces petits poèmes propose une solution qui s’approprie moins bien aux divers détails de l’énigme : « la flamme, et sa sœur, l’air. » Le mot allemand die Lufl « l’air • est du féminin.
2. L’énigme a peu d’unité; la première moitié se rapporte à l’ombre du cadran solaire, la seconde plutôt au soleil lui-méme. Voici la solution, attribuée à Schiller, qu’on a trouvée dans les archives du théétre de Weimar :
f Ce qui court plus vite que la flèche ne part de l’arc; ce qui, bien que tournant sur un petit disque , a parcouru plusieurs milliers de milles avant d’avoir traversé ce petit espace : c’est l’ombre du cadran solaire. »
3. le «onre. Parmi ces treiie petit.s poèmes qui tirent de la diction même et des détails du style un charme quo la traduction ne peut reproduire que bien imparfaitement, il en est qui sont de véritables énigmes, tandis que d'autres sont plutôt des allégories fort transparentes. De la sans doute le double titre que Schiller a mis en tête : ■ Paraboles ou allégories et énigmes. ■>
POÉSIES DÉTACHÉES