Anthologie
POÉSIES DÉTACHÉES
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Loin d’ici la plainte gémissante! Le joyeux bancjuet de l’Élysée noie tous les soupirs.... La vie de l’Élysée, délice éternel, voler, planer toujours! vie douce comme le cours du ruisseau qui murmure à travers de riantes campagnes !
Toujours jeune et serein , un printemps éternel plane sur ces champs fortunés : tes heures s’écoulent dans des rêves dorés; l’âme se dilate dans des espaces infinis : la vérité déchire ici son voile.
Une joie infinie inonde ici le cœur. Ici la triste souffrance n’a point de nom; ici ce qu’on nomme douleur n’est qu’un transport moins vif.
Ici le pèlerin voyageur étend ses membres fatigués et brûlants, sous un ombrage qui doucement murmure; il dépose pour toujours son fardeau.... Ici la faucille tombe des mains du moissonneur: assoupi par le frémissement des harpes, il rêve qu’il voit les épis fauchés.
Celui dont te drapeau ondoyait, excitant les tempêtes , dont l’oreille résonnait de rugissements de meurtre, dont la marche faisait, comme le tonnerre, trembler les montagnes: celui-là dort ici, paisible, au gazouillement du ruisseau, dont les ondes argentées se jouent sur les cailloux; le bruit des lances cruelles expire ici pour lui.
1. Dans l'Anlhoiogù, ce poème n’est point rapproché, comme ici, du Croupe du rnrlare. Il y porte le nom de Cantalt. La première strophe est intitulée : Clueur; les cinq autres sont xlistrihuées entre cinq voix diverses.
scnn.LEB. — poÊsiKS.
POÉSIES DÉTACHÉES
Ici s'embrassent de fidèles è|toux; caressés par le souffle embaumé du zéphyr, ils éclianfient de tendres baisers sur les vertes prairies au gazon velouté. L'amour trouve ici sa couronne ; à l'abri de la cruelle atteinte de la mort, il célèbre une fête d'hymen éternelle.