Anihologit
POÉSIES DÉTACHÉES
pas, par delà le Cocyte, et, à ton gré, je reçois servilement d’une œillade la mort et la vie , la vie et la mort.
Semblable aux vainqueurs , qui , éveillés par le bruit tonnant des javelots , dansent dans les champs de fer de la gloire*, après s’être arrachés des bras de leurs Phrynés, le soleil de Dieu, sortant du lit de roses de l’Aurore , s’avance au-dessus des villes royales, et son sourire ra|ipelle à la joie active le monde rajeuni.
Mon cœur s’élance-t-il encore au-devant du céleste héros * ? mes yeux encore, comme ceux de l’aigle, boivent-ils la pluie de flammes de son regard qui brûle et dévore?... Dans ce regard , qui brille dévorant, je vois l’amour de ma Laure qui me fait signe ; je le vois et pleure comme un enfant.
Mon repos, pareil à l’image du soleil dans la vague, doux et sans nuages, tu l’as détruit, amie. En proie au vertige, je chancelle sur la cime escarpée du doute ; « Si Laure un jour.... ah! si Laure me fuyait? • Et ce mot me précipite dans l’abime.
L’évohé des convives retentit à grand bruit, la joie déborde du cratère couronné, les ris s’élancent du vin d’or.... Depuis que ma mie a charmé mon âme, les jeunes gens en vain me cherchent ; j’erre seul et sans amis.
Écouté-je encore les cloches tonnantes de la gloire ? Le laurier dans les boucles de la chevelure, ta lyre, Apollon, dieu du Cynthe, ont-ils encore de l’attrait pour moi? Non, non, mon sein désormais est sans écho; les .Muses s’enfuient tristes et honteuses ; Apollon , dieu du Cynthe , s'enfuit.
A la tin, m’amollirai-je jusqu’à n’ètre qu’une femme? Au nom de patrie, mes artères bondissent-elles encore, se ranimant au sein du tombeau ? Suis-je encore avide de combattre contre les aigles de A’arus ? de me baigner dans le sang romain , quand mon Hermann appelle ?...
C’est un délice à donner le vertige aux yeux les jilus fermes , d’aspirer l’encens des temples de la patrie ; le cœur palpite plus fier, plus hardi.... Mais maintenant à grand’peine obtient-elle