L\ PUIXTE DE LA JEUNE FILLE
La forêt de chênes mugit, les nuages avancent; la jeune ülle est assise sur le vert rivage; le (lot se brise, se brise avec force, et elle jette ses soupirs dans la sombre nuit, l’œil obscurci par les larmes *.
« Im cœur est mort, le monde est vide, et n'offre plus rien désormais au désir. O sainte, rappelle ton enfant! J’ai joui du bonheur terrestre ; j’ai vécu , j’ai aimé.
« — En vain coulent et ruissellent les larmes : la plainte, hélas! ne réveille pas les morts ; mais nomme-moi ce qui console et guérit le C(cur, quand s’est évanouie la joie du doux amour. Je ne veux pas , du haut des cieux, te le refuser.
« — Laisse couler, ruisseler les vaines larmes! Que ma plainte n’éveille pas celui qui n’est plus! lœ bonheur le plus doux pour le cœur affligé, quand s’est évanouie la joie du bel amour, ce sont les douleurs de l’amour et ses plaintes. »
1. Ce petit poème est, selon toute apparence, de 1798. Il parut d'abord dans l’Almanach des Muscs de 1799. Thècla chante les deux premières sunecs, dans le III* acte dus Ptcco/otnint, scène vu.
2. Dans les Picrolomûii , il y a teandeUf «se promène, erre, > pour silset, • est assise, • et singt hinauSf « jette son chant, > pour seufzt hinauSf n jette ses soupirs. >
SCim.LKR. — POÉSIES. 16
POÉSIES DÉTACHÉES