LA DANSE
Vois tourner d’un pas flottant les couples , balancés comme les vagues! I>e pied ailé effleure à peine le sol. Vois-je des ombres fugitives délivrées du poids du corps? des sylphes qui, nu clair de lune, entrelacent leur ronde aérienne? Comme, bercée par le zé])hyr, la fumée légère coule dans l’air, comme la barque doucement se balance sur les (lots argentés, ainsi le pied docile bondit sur la vague mélodieuse de la cadence; le son des cordes murmurantes soulève les corps éthérés.
Soudain, comme s’il voulait rompre de force la chaîne de la danse, un couple hardi, là-bas, s’élance au plus épais de la ronde. Devant lui se fraye subitement le passage, qui, derrière lui, disparaît; il semble qu’une main magique lui ouvre et lui ferme le chemin. Vois! à l’instant il s’est évanoui aux regards ; dans un fougueux pôle-méle croule et se confond l’élégante structure de cette mobile création.... Non! le voilà qui flotte encore et ressort triomphant; le nœud se débrouille; l’ordre n’a fait que se rétablir avec un nouvel attrait. Toujours détruit, ce monde tourbillonnant se reproduit toujours, et une loi muette dirige le jeu de ces métamorphoses. Parle! d’où vient que les figures vacillent, sans cesse renouvelées, et que le repos subsiste dans ce mouvant tableau? que chacun , maître et libre, n’obéit qu’à son jiropre cœur, et , dans cette course rapide , trouve l’unique chemin? Veux-tu le savoir? C’est la puissante déesse de l’iiarmonié