LES GARÇONS DE THÉÂTRE
Non, monsieur.
Vous savez qu'il faut laisser une chaise. — Dans une tragédie, il n’y a rien de déplaisant comme de voir des gens de votresorle veniè avec la livrée du théâtre effectuer le déplacement de quelque objet. — Je voudrais qu’on pût faire les choses plus convcnoblcmeut. — Voyons, maintenant, mon mystérieux hallebardier.
Entre UN HALLEBARDIER.
* « è LE HALLEBARDIER.
Ah 1 que je sois maudit si mon cœur ne t’adore 1
MORDANT
II me semble que j’ai vu ce vers-là quelque part.
POUF
Je ne le pense pas. — Où l’avez-vous vu?
DESLOGES
Je erpis avoir vu quelque chose de semblable dans l’Otbello de
Shakl|ltre.
POUF
Parbleu, vous m’y faites penser j je crois que vous avez raison; mais cela ne fait rien. Tout ce qu'on peut dire, c’est que deux auteurs sont tombés par hasard sur la même pensée, et que Shakspeare s’en est servi avant moi; voilà tout.
MORDANT
C’est très-vrai. . , .
POUF
Maintenant, monsieur, voyons votre monologue; mais parie* un peu plus an parterre, s’il vous plaît. Les monologues doivent toujours s’adresser aux spectateurs; c’est la règle. * t
LE HALLEDAR01ER.
Ah 1 que je sois maudit si mon cœur ne t'adore ,
Divinité charmante I Au mal qui le dévore Bien qu’un cœur affligé trouve un affreux plaisir,
Au bonheur d’un rival je ne puis consentir.
Mais, chut ! on vient à nous 1
DESLOGES
Voilà un monologue bien court.