‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 345 sur 357 · LES GARÇONS DE THÉÂTRE · texte numérisé non relu

LES GARÇONS DE THÉÂTRE

Non, monsieur.

Vous savez qu'il faut laisser une chaise. — Dans une tragédie, il n’y a rien de déplaisant comme de voir des gens de votresorle veniè avec la livrée du théâtre effectuer le déplacement de quelque objet. — Je voudrais qu’on pût faire les choses plus convcnoblcmeut. — Voyons, maintenant, mon mystérieux hallebardier.

Entre UN HALLEBARDIER.

* « è LE HALLEBARDIER.

Ah 1 que je sois maudit si mon cœur ne t’adore 1

MORDANT

II me semble que j’ai vu ce vers-là quelque part.

POUF

Je ne le pense pas. — Où l’avez-vous vu?

DESLOGES

Je erpis avoir vu quelque chose de semblable dans l’Otbello de

Shakl|ltre.

POUF

Parbleu, vous m’y faites penser j je crois que vous avez raison; mais cela ne fait rien. Tout ce qu'on peut dire, c’est que deux auteurs sont tombés par hasard sur la même pensée, et que Shakspeare s’en est servi avant moi; voilà tout.

MORDANT

C’est très-vrai. . , .

POUF

Maintenant, monsieur, voyons votre monologue; mais parie* un peu plus an parterre, s’il vous plaît. Les monologues doivent toujours s’adresser aux spectateurs; c’est la règle. * t

LE HALLEDAR01ER.

Ah 1 que je sois maudit si mon cœur ne t'adore ,

Divinité charmante I Au mal qui le dévore Bien qu’un cœur affligé trouve un affreux plaisir,

Au bonheur d’un rival je ne puis consentir.

Mais, chut ! on vient à nous 1

DESLOGES

Voilà un monologue bien court.

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