ET LA PIÉTÉ ELLE-MÊME
« Nous connaissons par là que nous demeurons en Dieu et que Dieu demeure en nous, parce qu'il nous a fait participer de son esprit. » (Jean, £p. /, ch. iv, v. 13.)
Si les hommes étaient capablea de gouverner toute la * conduite de leur vie par un dessein réglé, «i la fortune leur était toujours favorable, leur àme* serait libre de toute superstition. Mais comme ils sont souvent placés dans un si fâcheux état qu'ils ne peuvent prendre anevinâ résolution raisonnable , comme ils flottent presque toujours misérablement entre l'espérance etlaerainte, pour des biens incertains qu'ils ne savent pat désirer avec mesure, leur esprit s'ouvre alors à la plus extarême ciré* dulité ; il chancelle dans l'incertitude ; la moipdre impvl** sion le jette en mille sens divers, et les agitations de l'espérance et de la crainte ajoutent encore à son inconstance^ Du reste ^ observez-le en d'autres rencontres, vous le trouverez confiant dans l'avenir, plein de jaetance et d'orgueU.
Ce sont là des faits que personne n'ignore, je suppose, bien que la plupart des hommes, à mon avis, vivent dans rignorance d'eux-mêmes; personne, je le répète, n'a pu voir les hommes sans remarquer que lorsqu'ils sont dans la prospérité, presque tous se targuent, si ignorants qu'ils puissent être, d'une telle sagesse qu'Us tiendraient à injure de recevoir un conseil. Le jour de l'adversité vient-il les surprendre, ils ne savent plus quel parti choisir: on les voit mendier du premier venu un conseil, et si inepte, si absurde, si frivole qu'on l'imagine, ils le suivent aveuglément. Mais bientôt, sur la moindre appai'ence, ils re«