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parlerons encore dans la suite) , qui , se fondant sur ce que personne n’a vu Dieu , explique Dieu par sa seule charité , et conclut que c’est réellement posséder et connaître Dieu que d’avoir la charité. Nous voyons donc que Jérémie , Moïse , Jean ramènent à un petit nombre de points la connaissance que chacun doit avoir de Dieu, et ne la font consister qu’en ceci, comme nous le volilions, à savoir : que Dieu est souverainement juste et souverainement miséricordieux, ou l’unique modèle de la véritable vie. Ajoutez à cela que l’Écriture ne donne expressément aucune définition de Dieu,
- qu’elle ne prescrit la connaissance d’aucun autre attribut que ceux que nous venons de désigner, et que ce sont les seuls qu’elle recommande positivement. De tout cela nous concluons que la connaissance que nous avons de Dieu par l'entendement, et qui considère la nature telle qu’elle est en elle-même , nature que les hommes ne peuvent imiter par une certaine manière de vivre et qu’ils ne peuvent non plus prendre pour exemple pour bien régler leur vie, n’appartient aucunement à la foi et à la religion révélée, et conséquemment que les hommes y peuvent errer complètement sans qu’il y ait à cela aucun mal. Il n’est donc pas du tout éton- > nanl que Dieu se soit mis à la portée de l’imagination et des préjugés des prophètes, et que les fidèles aient eu sur Dieu diverses , . opinions, comme nous l’avons prouvé au chap. n par de nombreux exemples. Il n’est pas non plus étrange que les livres sacrés parlent partout si improprement de Dieu , qu’ils lui donnent des mains, des pieds, des yeux, des oreilles, une Ame, un mouvement local, et jusqu’aux passious du cœur comme la jalousie, la miséri- \ corde, etc...; et enfin qu’ils le représentent comme un juge assis dans le ciel sur un trône royal, ayant le Christ à sa droite. Un pareil langage est évidemment approprié à l’intelligence du vulgaire, à qui l’Écriture s’efforce do donner, non la science, mais l’esprit d’obéissance. Cependant les théologiens ordinaires ont cherché à donner à ces expressions un sens métaphorique, toutes les fois que, par le secours de la lumière naturelle, ils ont pu reconnaître qu’elles ne convenaient pas à la nature divine, et ils n’ont pria à la lettre que les passages qui passaient la portée de leur inlelligenre. Mais s’il fallait nécessairement entendre et expliquer par des métaphores tous les endroits de ce genre qui se trouvent dans
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l’Écriture, on conçoit qu’elle n’eùt pas été composée pour le peuple et le grossier vulgaire , mais seulement pour les hommes tes plus habiles et surtout pour les philosophes. Bien plus, s’il y avait impiété à avoir sur Dieu, dans une pieuse simplicité d’esprit, les croyances que nous venons de dire , certes les prophètes auraient dû surtout éviter , du moins par égard- pour la faiblesse du peuple, des phrases semblables, et enseigner avant tout d’une manière très-claire les attributs de Dieu selon que chacun est tenu de les connaître; et c’est ce qu’ils n’ont fait nulle part. 11 faut donc se garder de croire que des opinions, prises d’une manière absolue et sans rapport à la pratique et aux effets , aient quelque piété ou quelque impiété ; estimons plutôt qu’il ne faut attribuer à un homme l’un ou l’autre de ces caractères qu 'autant que ses opinions le portent à l’obéissance ou qu’elles le conduisent à la rébellion et au péché : de sorte que, si en croyant la vérité il devient rebelle, sa foi est réel-' lement impie, et elle est pieuse au contraire si, en croyant des choses fausses, il devient obéissant; car nous avons prouvé que la vraie connaissance de Dieu n’est point un commandement, mais un don divin , et que Dieu n’exige des hommes que la connaissance de sa divine justice et de sa charité , laquelle qui n'est pas nécessaire pour la science, mais seulement pour l’obéissance. / : r .