‹ Œuvres de SpinozaChapitre 67 sur 204 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

celte opinion que l'homme est cause première de ses œuvres et mérite blâme et louange, sont nuisibles et clignes de rejet.

(3) Je ne veux pas dire cependant qu'on doive vivre parmi les hommes comme on vivrait dans un monde étranger où ni l'honneur ni la honte n'auraient place ; au contraire je reconnais que non seulement il noua est permis d'en user quand nous les employons pour rutilitéetl'amélioration deshommes, maisque nous pouvons même le faire en restreignant notre propre liberté (à d'autres égards parfaite et légitime). Si par exemple quelqu'un s'habille somptueusement pour être par là considéré, il cherche un honneur qui naît de l'amour de soi sans avoir aucun égard à son prochain. Mais si quelqu'un voit mépriser et fouler aux pieds sa sagesse, par où il peut être utile à son prochain, simplement parce qu'il porte un méchant habit, il fait bien, s'il a dessein de leur porter assistance, de se pourvoir d'un vêtement qui ne puisse les choquer ; se rendant ainsi semblable à son prochain pour le conquérir.

Pour l'Impudence elle se montre à nous sous un aspect tel que, pour voir sa laideur, nous n'avons besoin que de sa définition, et cela nous suffira.

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