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Je ne veux plus l'ouvrir; mon maître est le poète Amant de Tidéal, comme on l'est d'un drapeau Pour la grande action qu'à son ombre on a faite, Qui pose un ferme corps sous la robe du beau, Qui, ne mesurant pas à l'arpent la patrie, La reconnaît partout dans tous les droits humains. Et, comme bienfaitrice honorant l'industrie. Veille au salut du cœur dans ce progrès des mains. Si je me suis trompé, si la nature entière, Depuis les astres morts jusqu'aux mondes vivants. Au souffle des hasards, sans but et sans carrière, S'envole n'importe où comme la graine aux vents; Si les gazons d'avril ne sont que les complices D'un instinct décevant que je nomme l'amour; Si je dois redouter d'ingénieux supplices Dans tous les sentiments qui font chérir le jour. Alors j'embrasserai ta Muse abandonnée.
Je lui vendrai mon cœur pour ses douces leçons. Et je m'endormirai, la tête couronnée, Soupirant l'élégie et les molles chansons; Je dirai qu'il vaut mieux que toute fin soit prompte, Que la peine est le mal et le plaisir le bien, Qu'il n'est pas de linceul, pour assoupir la honte Et bercer la douleur, plus charmant que le tien.
Mais jj n'en suis pas là; j'ai connu la souffrance, Et le lutteur n'a mis dans l'herbe qu'un genou ; Il se dresse, il respire, il est fort d'espérance, Et tu n'es qu'un malade ou je ne suis qu'un fou.