LA MALADE
A ALFRED DENAUT
v>'ÉTAiT au milieu de la nuit.
Une longue nuit de décembre; Le feu, qui s'éteignait sans bruit, Rougissait par moments la chambre.
On distinguait des rideaux blancs, Mais on n'entendait pas d'haleine; La veilleuse aux rayons tremblants Languissait dans la porcelaine.
Et personne, hélas! ne savait Que l'enfant fût à l'agonie ; De lassitude, à son chevet, Sa mère s'était endormie.
Mais, pour la voir, tout bas, pieds nus, Entr'ouvrant doucement la porte, Ses petits frères sont venus...
Déjà la malade était morte.
Ils ont dit : « Est-ce qu'elle dort?
Ses 5'eux sont fixes; de sa bouche Nul murmure animé ne sort; Sa main fliit froid quand on la touche.
« Quel grand silence dans le lit!
Pas un pli des draps ne remue; L'alcôve effrayante s'emplit D'une solitude inconnue.
« Notre mère est assise là; Elle est tranquille, elle sommeille :
Qu'allons-nous faire? Laissons-la, Qiie Dieu lui-même la réveille?»
Et, sans regarder derrière eux, Vite dans leurs lits ils rentrèrent :
Alors, se sentant malheureux.
Avec épouvante ils pleurèrent.
JEUNES FILLES
JEUNES FILLES