‹ Œuvres de Sully PrudhommeChapitre 42 sur 104 · DEVANT UN PORTRAIT · texte numérisé non relu

DEVANT UN PORTRAIT

LJ E s fluides moments nul ne voit le passage, Et le printemps des jours s'éteint comme il est né ; C'est insensiblement, sur le fleuve de Tâge, Qu'à la froide vieillesse un homme est. entraîné.

Mais je me saurai vieux quand cette chère image Xe me retiendra plus à sa grâce enchaîné, Et ne recevra plus ce douloureux hommage D'un sentiment stérile à sur\-ivre obstiné :

Ah ! ce jour-là, mon àme aura perdu son aile, Mon cœur son sang, mes nerfs leur vie et leur ressort; Je ne serai plus moi, n'existant plus pour elle.

A quelque homme nouveau j'aurai vendu mon sort, Ma figure et mon nom, la cendre et l'étincelle, Et je serai bien vieux, si je ne suis pas mort !

Io6 STANCES.

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