LES OISEAUX
IVioNTEZ, montez, oiseaux, à la fange rebelles,
Du poids fatal les seuls vainqueurs !
A vous le jour sans ombre, et l'air ! à vous les ailes Qui font planer les yeux aussi haut que les cœurs !
Des plus parfaits vivants qu'ait formés la nature, Lequel plus aisément plane sur les forêts, Voit mieux se dérouler leurs vagues de verdure, Suit mieux des quatre vents la céleste aventure, Et regarde sans peur le soleil d'aussi près?
Lequel sur la filaise a risqué sa demeure Si haut qu'il vit sous lui les bâtiments bercés? Lequel peut fuir la nuit en accompagnant l'heure, Si prompt qu'à l'occident les roseaux qu'il effleure, Quand il touche au levant, ne sont pas redressés?
Fu3'ez, fuyez, oiseaux, à la fange rebelles.
Du poids fatal les seuls vainqueurs!
A vous U jour, à vous l'espace ! à vous les ailes Q.'ii promènent les 3'eux aussi loin que les cœurs!
Vous donnez en jouant des frissons aux charmilles; Vos chantres sont des bois le délice et l'honneur; Vous êtes, au printemps, bénis dans les familles : Vous y prenez le pain sur les lèvres des filles; Car vous venez du ciel et vous portez bonheur.
Les paies exilés, quand vos bandes lointaines Se perdent dans l'azur comme les jours heureux, Sentent moins l'aiguillon de leurs superbes haines; Et les durs criminels chargés de justes chaînes Peuvent encore aimer, quand vous chantez pour eux.
Chantez, chantez, oiseaux, à la fange rebelles,
Du poids fatal les seuls vainqueurs !
A vous la liberté, le ciel ! à vous les ailes Qui font vibrer les voix aussi haut que les cœurs!
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