‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 2)Chapitre 13 sur 117 · LE CARNAVAL DE VENISE · texte numérisé non relu

LE CARNAVAL DE VENISE

Le son en est si £ïux, si tendre, Si moqueur, si doux, si cruel.

Si froid, si brûlant, qu'à l'entendre On ressent un plaisir mortel.

Et que mon cœur, comme la voûte Dont l'eau pleure dans un bassin.

Laisse tomber goutte par goutte Ses larmes rouges dans mon sein.

Jovial et mélancolique.

Ah I vieux thème du carnaval, Où le rire aux larmes réplique, Que ton charme m'a fiait de mal 1

SYiMiTHO'hLIE

En. 'BL^'H.C ÏKajEUTi

DE leur col blanc courbant les lignes, On voit dans les contes du Nord, Sur le vieux Rhin, des femmes-cygnes Nager en chantant près du bord,

Ou, suspendant à quelque branche Le plumage qui les revêt.

Faire luire leur peau plus blanche Que la neige de leur duvet.

De ces femmes il en est une,

Qjiii chez nous descend quelquefois.

Blanche comme le clair de lune

Sur les glaciers dans les cieux froids.

Conviant la vue enivrée

De sa boréale fraîcheur

A des régals de chair nacrée,

A des débauches de blancheur I

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