MOEL
LE del est noir, la terre est blanche ; — Cloches, carillonnez gaimenti — Jésus est né ; — la Vierge penche Sur lui son visage charmant.
Pas de courtines festonnées Pour préserver l'enfant du froid; Rien que les toiles d'araignées Q}ii pendent des poutres du toit.
Il tremble sur la paille fraîche.
Ce cher petit enfant Jésus, Et pour l'échauffer dans sa crèche L'âne et le bœuf soufflent dessus.
La neige au chaume coud ses franges, Mais sur le toit s'ouvre le ciel.
Et, tout en blanc, le chœur des anges Chante aux bergers : t NoëU Noilt »
lOO ÉMAUX ET CAMÉES
LES JOUJOUX T>E L.A 3i€0'K,TE
LA petite Marie est morte, Et son cercueil est si peu long Qu'il tient sous le bras qui l'emporte Comme un étui de violon.
Sur le tapis et sur la table Traîne l'héritage enfantin.
Les bras ballants, l'air lamentable.
Tout affaissé, gît le pantin.
Et si la poupée est plus ferme, C'est la hute de son bâton ; Dans son oeil une larme germe, Un soupir gonfle son carton.
Une dînette abandonnée Mêle ses plats de bois verni A la troupe désarçonnée Des écuyers de Franconi.
LES JOUJOUX DE LA MORTE lOI
La boîte à musique est muette ; Mais, quand on pousse le ressort Où se posait sa main fluette.
Un murmure plaintif en sort.
L'émotion chevrote et tremble Dans : Abl vous dirai-je, maman!
Le Quadrille des Lanciers semble Triste comme un enterrement ;
Et des pleurs vous mouillent la joue Quand La Donna è mobile.
Sur le rouleau qui tourne et joue, Expire avec un son filé.
Le cœur se navre à ce mélange Puérilement douloureux, Joujoux d'enfant laissés par l'ange, Berceau que la tombe a fait creux !
^ATIIÈS LE FEUILLETOtL
MES colonnes sont alignées Au portique du feuilleton; Elles supportent, résignées, Du journal le pesant fronton.
Jusqu'à lundi je suis mon maître.
Au diable chefs-d'œuvre mort-nés I Pour huit jours je puis me permettre De vous fermer la porte au nez.
Les ficelles des mélodrames N'ont plus le droit de se glisser Parmi les fils soyeux des trames Que mon caprice aime à tisser.
Voix de l'âme et de la nature, Jécouterai vos purs sanglots, Sans que les couplets de £icture M'étourdissent de leurs grelots ;