‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 111 sur 139 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

SUR UNE AaUARELLE DE LA PRINCESSE M***

UN bel esclave à peau d'ébène, Mohammed ou bien Abdallah, Pour mon musée, heureuse aubaine, Vient du pays de : La Fellab,

Comme elle, il habitait le Caire; Tout en fumant son latakieh, Il la voyait passer naguère Sur la place de l'Esbékieh.

Elle si blanche sous son masque, Lui si lumineusement noir; L'une agaçant Tamour fantasque, Et l'autre en plein se laissant voir.

Faveur charmante, honneur insigne!

Mais voudra-t-il servir chez nous, Ce glorieux nègre que signe Une main qu'on baise à genoux?

14 janvier 1869.

Page 1