‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 119 sur 139 · IMITÉES DE CELLES DU ROMANCERO · texte numérisé non relu

IMITÉES DE CELLES DU ROMANCERO

MONTÉ sur son fidèle barbe Vêtu d'un albornez d'âzûr, Emblème d'amour et de foi, Le vaillant Grenadin Gâzûl Passait sur la Vivarambla.

Il était si beau que chacun Se retournait en le voyant.

A son balcon, Fatmé là brune Prenait le frais avec ses femmes.

Le More, au milieu de là rue Arrêtant son cheval lancé.

Sur ses étriers d'or s'âssûre.

Et, se haussant jusqu'au balcon, Dit : « Toi qui luis comme la lune Au milieu des étoiles d'or, Fatmé, perle de la nature, Fleur du Xénil et de l'Espagne, Réponds à mes feux I je t'âssûre, Par jour, trois têtes de chrétien I

— Sur mes genoux, vaillant Gâzûl, Pose la tienne chaque soir, Et je te promets, sans parjure.

De t'adorer jusqu'au matin I »

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