‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 25 sur 139 · II · texte numérisé non relu

II

S^I'H.TE C^SILT)^

SONNET

Burgos, dans un coin de Téglise déserte, Un tableau me surprit par son effet puissant : Un ange, pâle et fier, d'un ciel feuve descend, A sainte Casilda portant la palme verte.

Pour l'œuvre des bourreaux la vierge découverte Montre sur sa poitrine, albâtre éblouissant, A la place des seins, deux ronds couleur de sang, Distillant un rubis par chaque veine ouverte.

Et les seins déjà morts, beaux lis coupés en Heur, Blancs comme les morceaux d'une Vénus de marbre, Dans un bassin d'argent gisent au pied d'un arbre.

Mais la sainte en extase, oubliant sa douleur. Comme aux bras d'un amant, de volupté se pâme, Car aux lèvres du Christ elle suspend son âme!

Burgos.

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