‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 27 sur 139 · JLA FO'MT^I'ME 'DU CIO^ETIÈ%E · texte numérisé non relu

JLA FO'MT^I'ME 'DU CIO^ETIÈ%E

la morne chartreuse, entre des murs de pierre,

En place du jardin Ton voit un cimetière, J

Un cimetière nu comme un sillon fauché,

Sans croix, sans monument, sans tertre qui se hausse :

L'oubli couvre le nom, l'herbe couvre la fosse ;

La mère ignorerait où son fils est couché.

Les végétations maladives du cloître Seules sur ce terrain peuvent germer et croître, Dans l'humidité froide à l'ombre des longs murs ; Des morts abandonnés douces consolatrices.

Les fleurs n'oseraient pas incliner leurs calices Sur le vague tombeau de ces dormeurs obscurs.

Au milieu, deux cyprès à la noire verdure

Profilent tristement Jeur silhouette dure>

Longs soupirs de feuillage élancés vers les cieux,

Pendant que du bassin d'une avare fontaine

Tombe en frange efiilée une nappe incertaine, ^

Comme des pleurs furtifs qui débordent des yeux.

LA FONTAINE DU CIMETIÈRE lOI

Par les saints ossements des vieux moines filtrée^ L'eau coule à flots si clairs dans la vasque éplorée, Que pour en boire un peu je m'approchai du bord... Dans le ^stal^lacé quand je trempai ma lèvre, Je me sentis saisi par un frisson de fièvre : Cette eau de diamant avait urt goût de mort !

Cartuja de Miraflores, 1841.

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