‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 53 sur 139 · ZU%'B^1{,^'M · texte numérisé non relu

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MOINES de Zurbaran, blancs chartreux qui, dans Tombre, Glissez silencieux sur les dalles des morts, Murmurant des Pater et des Ave sans nombre,

Quel crime expiez-vous par de si grands remords? Fantômes tonsurés, bourreaux à face blême, Pour le traiter ainsi, qu'a donc fait votre corps?

Votre corps, modelé par le doigt de Dieu même,

Que Jésus-Christ, son fils, a daigné revêtir.

Vous n'avez pas le droit de lui dire : « Ânathème ! »

Je conçois les tourments et la foi du martyr,

Les jets de plomb fondu, les bains de poix liquide,

La gueule des lions prête à vous engloutir,

Sur un rouet de fer les boyaux qu'on dévide, Toutes les cruautés des empereurs romains ; Mais je ne comprends pas ce morne suicide I

Pourquoi donc, chaque nuit, pour vous seuls inhumains. Déchirer votre épaule à coups de discipline.

Jusqu'à ce que le sang ruisselle sur vos reins ?

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