‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 60 sur 139 · II · texte numérisé non relu

II

l62 ESPANA

Tes enÊints, ta femme et tes proches Pleurent en se tordant les bras.

Et déjà le sonneur aux cloches Se suspend pour sonner ton glas.

Le fossoyeur a pris sa bêche Pour te creuser ton dernier lit, Et d'une terre brune et fraîche Bientôt ta fosse se remplit.

Ta chair délicate et superbe Va servir de pâture aux vers, Et tu feras pousser de l'herbe Plus drue avec des brins plus verts.

Donc, pour n'être pas surpris, frère, Aux transes du dernier moment, Réfléchis 1 — La mort est amère A qui vécut trop doucement.

Sur ce, frère, que Dieu t'accorde De trépasser en bon chrétien, Et te fasse miséricorde ; Ici-bas, nul ne peut plus rien 1

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